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 [SH] Eliott & Bailey #01

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Iracebeth

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depuis le : 18/11/2012

MessageSujet: [SH] Eliott & Bailey #01   Mar 22 Aoû - 20:11

L'incandescence de la jeunesse. Il y avait un aspect étrangement fascinant dans l'observation d'une si juvénile et puérile créature. L'agitation, l'évaporation, la logorrhée de mots sans intérêt. C'était si curieux. Au cours d'une existence bien plus longue que d'ordinaire, il avait été témoin de nombreux de ces êtres. En un temps encore plus lointain, il en avait même été un. Les parcelles de mémoire qu'il conservait paraissaient toujours appartenir à quelqu'un d'autre. Qu'elles soient brillantes ou désolantes, propres à sourire ou à en cauchemarder, elles ne lui appartenaient plus vraiment. Les sensations étaient désormais si différentes. Son corps insensible à l'âge avait oublié. Alors il ne lui restait plus qu'à observer, qu'à apercevoir. Il en avait croisé de toutes sortes. De ceux qui, au temps même de son humanité, l'auraient exaspéré par tant de superficialité et de dénuement. D'autres, en revanche, étaient parvenus à capter son attention si volatile et graver leurs marques dans le marbre de son sang comme de son désespoir. Ils étaient rares cependant et restaient encore à ce jour de merveilleuses exceptions teintées de regret. Dans leur immense majorité pourtant, ces créatures proposaient un intérêt, du moins un temps. Quand il n'était pas purement alimentaire ou récréatif, il était amusant. Il parvenait à saisir ses prunelles et son esprit et à gagner un attrait dans l'existence. Il ne fallait guère se mentir qu'ils soient beaux ou non, ils étaient bien souvent interchangeables. Seuls les esprits dérivants, hors du temps et des horizons manifestaient une utilité. Ils avaient au moins celle de le distraire, de lui faire oublier l'espace d'une infinie seconde que l'éternité était immuable et qu'il la traverserait sans effort ou mansuétude.
A quelle catégorie appartenait-elle ? Il n'en était pas encore certain. Pas la première de prime abord. Elle était définitivement divertissante. Instantanément, elle pourrait devenir lassante mais dans l'immédiat, il goûtait comme une expression de rire au creux de ses lèvres. Sa voix résonnait à son ouïe de manière très particulière et il se demanda le temps d'une infime seconde si elle l'utilise pour l'art. Ses doigts étaient bien plus marqués que la moyenne, chez une femme en tout cas. Elle n'était de toute évidence pas de l'espèce de celles qui passent nombre de temps à s'occuper de leur apparence. Ce n'était pas si rare mais il en croisait finalement peu dans les parages, ce qui n'avait rien d'étonnant. Les lieux qu'il fréquentait exigeait généralement un certain prestige et il n'avait pu s'empêcher de noter là encore qu'elle en manquait cruellement. Il se réservait une opinion plus tranchée quant à son physique, somme toute peu désagréable, mais il n'était pas certain de pouvoir en dire autant sur son comportement. L'affaire avait un aspect presque inédit et à la vérité, il lui en fallait alors peu pour y trouver un intérêt quelconque au moins pour les prochaines minutes. L'impertinence à l'occasion pouvait avoir un caractère séduisant. Il fallait bien qu'elle parvienne à compenser quelque part. Il ne pouvait se permettre de perdre de vue ses objectifs cependant et avant de passer aux abords plus distrayants, il devait s'occuper de son compte. Le ton de ses paroles ne manquait pas de le ramener au flot de la réalité qu'il appréhendait avec un léger sourire. Il s'enquit cependant de sa requête et put entendre distinctement les réactions de son frêle palpitant. Le changement sur le corps de la jeune femme avait été immédiat. Ainsi donc l'enfant n'avait pas menti. Sa génitrice lui portait bel et bien une attention. Intéressant. Certainement problématique pour le long terme mais plutôt intriguant pour l'heure. Qu'elle parvienne ensuite à soutenir ses iris lui ajouta encore du cachet. L'occasion était alors parfaite pour en connaître davantage. La Famille passait malgré tout au premier plan et il ne pouvait se permettre de l'omettre de ses pensées ou de ses préoccupations présentes. Qu'elle parût balayer ses menaces à peine voilées d'un mouvement d'épaules ne manquât pas de le mettre en garde. Mais peut-être était-ce encore là une manifestation de son inopportune innocence ? Et tandis qu'elle s'approche de lui avec une imprudence fabuleuse, il se contenta de la suivre du regard d'un imperceptible mouvement de prunelles où seuls ses doigts frôlant le récipient de cristal trahissaient ses actions. Qui qu'elle soit réellement, elle venait en tout cas de faire son entrée dans la catégorie supérieure. Il pût percevoir à sa respiration qu'elle n'était pas tout à fait sereine mais il devait lui reconnaître une folie certaine. Son regard parût gagner un peu de chaleur à l'écoute des remerciements qu'elle lui adressait et qui était il devait bien le reconnaître relativement inhabituels voire quelque peu inattendus au vu de la situation. La réponse qu'il désirait se faisait attendre toutefois mais sa patience fût bientôt récompensée bien que d'une façon inédite. Il la laissa entamer ses simagrées et ne pût que difficilement retenir l'amusement qu'elle provoquait alors. Il demeura toutefois impassible tout du long non sans lui offrir une expression flamboyante dont le regard laissait peu de place à l'imagination. Divertissante, c'était certain. Elle s'approcha encore davantage mais il n'avait encore amorcé aucun mouvement à son égard. La proximité avait quelque chose d'intriguant mais elle ne parvint pas pour autant à dériver son attention de ses paroles, les iris incandescentes. Elle finit par reculer avant de poursuivre. Quand avait-il croisé pour la dernière fois une créature aussi prolixe ? Oh qu'elle était divertissante. Présomptueuse, imprudente, insolente et probablement suicidaire mais indubitablement distrayante. Ce ne fût que quand elle eut enfin terminé qu'il se décida à amorcer un geste. Il commença pour libérer ses prunelles du verre. Et avant même qu'un quelconque oeil humain ne puisse le saisir, il s'était levé et la plaquait désormais contre le mur, ses poignets entre ses doigts de marbre sur lesquels il exerçait une force raisonnable qui n'avait pas pour ambition d'être douloureuse.
"Je peux voir dans votre si distrayante innocence que vous savez finalement bien peu de choses. Et j'ignore si cela relève de la témérité ou de la plus folle imprudence mais permettez-moi de mettre les choses au clair. La location actuelle de votre fils ne dépend que de mon fait et que je décide ou non de partager cette information avec vous ne regarde que moi. Comme vous l'avez si justement remarqué, je pourrais aisément vous tuer et m'épargner quelques céphalées malvenues mais là encore, c'est à moi d'en décider. Votre ténacité et votre détermination vous honorent, je vous le concède. Vous avez définitivement gagné de l'intérêt à l'instant même où vous l'avez signifié mais j'ose espérer que vous comprenez aussi qu'en dépit de toutes vos belles réclamations, la suite n'interviendra que selon mon bon vouloir."
Il marqua une pause légère, savourant les effets de son palpitant. Son ton âpre n'avait point l'apparence d'une menace mais offrait peu d'illusions. Il pouvait sentir les rouages de son esprit préparées quelques exaspérantes simagrées. Qu'elle soit parvenue jusque là signifiait sans le moindre doute qu'elle ne s'arrêterait pas en si bon chemin. Il le sentait et s'en amusait presque. Son regard ne l'avait quitté qu'une seconde pour se perdre sur sa jugulaire avant de retrouver ses prunelles. Il pouvait ressentir ses veines pourpres sous ses doigts. La soif ne le tannait pas encore et il la contrôlait de toute manière à la perfection. Les pulsions bestiales faisaient partie des aspects auxquels il refusait de se soumettre. Là encore, elles devaient dépendre de son bon vouloir. Il poursuivit finalement d'un ton ardent, presque murmuré mais dont il ne faisait aucun doute qu'elle pouvait percevoir chaque mot tant il était désormais proche de ses traits.
"Maintenant, ma chère, je vous demanderais de contrôler vos ardeurs et j'accéderais peut-être à votre requête."
Il se recula de quelques centimètres à peine avant de poursuivre.
"La créature qui vous a amené en ces lieux a commis une vulgaire erreur et je suis le type d'individus qui a grand mal à les tolérer. Après tout, on ne peut pas être moi en étant si faible. Non qu'une humaine comme vous puissiez le comprendre évidemment. Mais entendez toutefois ceci. Ici, il n'est qu'un maître et il se trouve en face de vous. Je vais supposer qu'en tant que mère, vous n'autorisez pas tout à votre progéniture, il en va de même d'une moindre mesure pour ma personne et ceux que je gouverne. Quand je vous ai demandé combien vous en saviez, c'était dans ce domaine que se trouvait ma question. Maintenant, vous m'apparaissez somme toute ignorante et cela vous sert mais même en dépit de ça, vous en savez tout de même trop. Les erreurs se corrigent, ma chère et c'est mon rôle d'y veiller. Aussi en attendant que je décide quoi faire de vous, vous êtes à moi. Que cela vous plaise ou non m'est sombrement égal. Mais j'ai cru comprendre et à vous de me dire si je me trompe que tout ce qui vous importe pour l'heure, c'est Jackson. Cela vous honore, c'est certain. J'ai connu suffisamment d'êtres de votre espèce pour savoir que nombre de géniteurs n'ont pas la même vision de ce devoir que la vôtre. Cela vous vaudra peut-être ma mansuétude en fin de compte mais avant je veux être certain que je me suis bien fait comprendre."
Il le dévisagea une seconde, amusé, avant de libérer finalement ses membres. Il s'éloigna de quelques centimètres avant d'amorcer un nouveau mouvement vers son bureau auquel il s'adossa légèrement, les iris fixées sur elle. Que cette incandescence pouvait être fascinante.
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