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 Fiche de Présentation (Eliott d'Arundel)

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Elijah Mikaelson

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depuis le : 18/11/2012

MessageSujet: Fiche de Présentation (Eliott d'Arundel)   Mer 18 Mai - 11:47

<br /><center><div class="fondf"><div class="imgcit"><div class="id"> ELIOTT <id>ALEXANDER</id> D'ARUNDEL </div><center><ne> Hate is by far the greatest pleasure; men love in haste, but detest in leisure.
(Lord Byron) </ne></center></div><div class="fondinf"><table border="0" align="center" width="425"><tr><img src="http://66.media.tumblr.com/tumblr_lpzk4aVqc11qa1m5uo1_500.gif" class="gifprez" />
<div class="ft"> FT. Matthew GOODE </div></tr><tr><td colspan="2" height="150"><pr># TYPE :</pr> Personnage prédéfini.
<pr># NOM :</pr> D'Arundel
<pr># PRÉNOMS :</pr> Eliott Alexander
<pr># SURNOMS :</pr> Leliot (par Melchior), Maître et ses dérivés (par ses sujets) ou encore Eli (par son ancienne fiancée mais il n’était pas particulièrement fan). Dans l'ensemble, il n'est pas spécialement un adepte des surnoms à moins qu'ils ne soient à son avantage. Il aime bien en donner en revanche, y compris à son frère même s'il ne le fait pas forcément parce qu'il aime ça encore moins que lui, semble-t-il.
<pr># AGE & DATE DE NAISSANCE :</pr> 288 ans. Décembre 1727
<pr># LIEU DE NAISSANCE :</pr> Split Oak Park, Cornouailles (UK)
<pr># RACE :</pr> Vampire.
<pr># GROUPE :</pr> Créature surnaturelle.
<pr># SITUATION MARITALE :</pr> Célibataire. Il était fiancé quand il était humain à Lady Elizabeth Keppel. Le mariage ne s’est jamais fait pour des raisons évidentes. N’étant pas amoureux, il ne l’a jamais vraiment regretté. Elle-même a fini par en épouser un autre.
<pr># PROFESSION :</pr> Patron et comptable du Bloody Mary. Il possède d’autres bars et boîtes de nuit un peu partout sous différents noms.
Leader de l’un des nids de vampires de San Francisco.
<pr># ORIENTATION SEXUELLE :</pr> Pansexuel. Il n’aime pas se restreindre mais reste principalement un consommateur de femmes (oui, c’est bien précisé, consommateur).
<pr># AUTRES INFORMATIONS :</pr> Il vît actuellement à San Francisco mais détient des résidences dans différentes villes aux Etats-Unis voire dans le monde + D’origine anglaise, il possède aussi la nationalité américaine pour des raisons pratiques. En revanche, bien qu’il soit parfaitement capable de s’en débarrasser (ce qu’il fait parfois), il a toujours un accent anglais bien marqué auquel il tient + Il a un frère aîné, Melchior qu’il a changé en vampire. Avec eux, la lignée s’est éteinte bien que le titre existe toujours + Il n’appartient qu’à une seule team, la sienne sur laquelle il règne d’une main de maître avec son frère.<div class="sep"></div></td></tr><tr><td width="50%" height=150"><img src="http://65.media.tumblr.com/855e253127edaeddfc03f4be1fbd03c1/tumblr_msrgdi9AAT1sdyzeyo4_250.gif" class="icoprez"/></td><td width="50%"><div class="anecdt"><pr># ANECDOTE 01 :</pr> un truc spécial à dire à propos de votre personnage ? Des cicatrices apparentes, des yeux vairons, une personne accro au café et nerd, un malchanceux paranoïaque, des peurs et des phobies à faire part ? Lâchez-vous dans cette partie, vous pouvez rajouter des anecdotes si vous le désirez (10 max).
<br /><pr># ANECDOTE 02 :</pr> ici votre anecdote.
<br /><pr># ANECDOTE 03 :</pr> ici votre anecdote.
<br /><pr># ANECDOTE 04 :</pr> ici votre anecdote.
<br /><pr># ANECDOTE 05 :</pr> ici votre anecdote
<br /><pr># ANECDOTE 06 :</pr> ici votre anecdote
<br /><pr># ANECDOTE 07 :</pr> ici votre anecdote.
<br /><pr># ANECDOTE 08 :</pr> ici votre anecdote.
<br /><pr># ANECDOTE 09 :</pr> ici votre anecdote.
<br /><pr># ANECDOTE 10 :</pr> ici votre anecdote. </div></td></tr></table></div>

<id>LES DESCRIPTIFS</id><div class="life"><div class="blabla2"><pr># QUALITÉS & DÉFAUTS :</pr> S'il y a quelque chose à savoir le concernant, c'est qu'il ne fait pas dans la demi-mesure. Quelque peu extrême dans ses sentiments, quand il aime, c'est avec une ardeur folle. Si son attachement pour son frère aîné doit servir de preuve, tentez donc d'aller lui causer des ennuis et la réception risque d'être violente voire même sanguine au sens littéral du terme. De la même manière, quand il déteste, c'est d'une haine virulente et dévorante qui peut le rendre aisément cruel d'une manière qui l'amusera certainement.  Ardent, passionné, c'est une véritable diva mégalomane dotée d'un charisme écrasant dont il sait user à merveille. Il n'est pas impossible que bon nombre de ses traits viennent aussi de son éducation aristocratique dont il a conservé aujourd'hui encore de nombreux usages mais il est certain en tout cas que sa transformation n'y a rien arrangé et a plutôt même contribué à les accentuer. Leader-né, doué d'une autorité naturelle dont il n'hésite pas à faire usage, c'est un excellent stratège, manipulateur et calculateur sans la moindre vergogne. Opportuniste et ambitieux, mentir est même devenu au fil des ans une seconde nature et une arme parfois plus usitée et dangereuse que ses capacités surnaturelles. Egalement charmeur, il attire généralement ses victimes par son seul talent, rendant ainsi le jeu bien plus intéressant. Parce qu'au fond, cette vie-là est un jeu. En dépit de son âge plus qu'avancé, il conserve ainsi un côté enfantin, infatigable, joueur et particulièrement capricieux. Il n'aime rien tant que fanfaronner, se donner en spectacle et plaire. Indomptable, il peut paraître de prime abord, plutôt difficile à cerner, ce dont il joue et qui le rend singulièrement dangereux. Il aime être craint et la vénération qu'il impose à ses sujets est l'une de ses plus grandes satisfactions. Observateur et brillant, il possède une éloquence bien particulière qu'il pourvoie par une curiosité intarissable. Il est ainsi doté d'une culture rare qu'il prend soin d'entretenir et qui nourrit son esprit créatif et artistique. Il est par ailleurs, protecteur et possessif d'une jalousie presque maladive et d'une rancune tenace. Il peut même arriver parfois que ce côté excessif et presque désinvolte lui cause du tort. Il aurait bien du mal à s'en défaire pourtant et rares voire inexistants sont ceux qui ont pu le connaître autrement, moins fanfaron, moins provocateur, moins maniaque, plus calme en fin de compte. En différentes circonstances, il est cependant doué d'une tendresse rare qui le rend plutôt tactile.

</div>
<div class="sep"></div>
<pr># POUVOIRS :</pr> Ceux des vampires.
<res>SUPER FORCE</res> ▬ Comme tout vampire, il possède une force plus importante qu’un être humain ordinaire. Du fait de son âge, il parvient généralement à maîtriser sa progéniture et ses connaissances dans le combat au corps à corps ou les arts martiaux lui permettent d’en faire un usage plutôt dangereux.
<res>CROCS</res> ▬ Là encore, comme tout vampire, il possède des crocs rétractables qu’il vaut mieux ne pas avoir trop près de sa jugulaire. A moins bien sûr que ce soit totalement de son plein gré.
<res>SUPER VITESSE</res> ▬ Au même titre que sa force, sa vitesse est supérieure à celle d’un être humain. L’âge avançant, elle va de pair et tend à augmenter.
<res>SUPER AGILITÉ</res> ▬ Ayant toujours su se défendre, il était agile déjà au temps de l’humanité. Ce trait a bien entendu augmenté avec sa transformation. Il adore par ailleurs y avoir recours.
<res>SUPER-SENS</res> ▬ La vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat et même le goût. Tout y passe. Le goût n’est plus ce qu’il était pour des raisons évidentes mais il n’empêche qu’il est suffisamment développé pour qu’il ait ses préférences en terme de sang humain (comprenez dans la fleur de l'âge). Parmi les nombreuses améliorations apportées par sa nature, le développement de son ouïe fait partie de ses favorites, du fait de son intérêt tout particulier pour la musique. En revanche, cela ne rend les fausses notes que plus insupportables.
<res>IMMORTALITÉ</res> ▬ Comme tout bon vampire, il est insensible au passage du temps (ce qui lui convient très bien) et peut potentiellement vivre éternellement (ce qu'il compte bien faire).
<res>INVULNÉRABILITÉ</res> ▬ De son vivant, il avait déjà appris à bien supporter la douleur, cela s’est encore accentué après sa transformation. Du reste, il est semblable dans ce domaine à tous les autres de son espèce.
<res>REGENERATION</res> ▬ En écho aux deux précédents, on peut ainsi ajouter cet autre aspect plutôt avantageux de la condition vampirique.
<res>SUPER ENDURANCE</res> ▬ En tant que vampire, il se fatigue ainsi très peu, d’autant moins qu’il maîtrise depuis quelques années particulièrement bien sa faim. En revanche, cela a un inconvénient. Ne pouvant pas facilement se fatiguer, il s’ennuie très vite et il déteste ça.

<div class="sep"></div>
<pr># ARMES :</pr> Il possède un très bel arsenal d’armes bien caché qu’il a complété au fil des ans et qu’il serait trop long de détailler. Parmi les plus importantes et donc les plus usitées, il y a la rapière qui était la sienne de son vivant et qu'il a conservé. Il possède toujours à portée de main, généralement aux chevilles, deux poignards à double tranchant d’une trentaine de centimètre, frappés aux armoiries familiales. Il a aussi un vieux colt SAA, planqué sous son bureau et qu’il utilise rarement, n’appréciant pas particulièrement l’odeur (ou le goût) de la poudre. Du reste, ses compétences et ses capacités vampiriques suffisent généralement à faire le travail.
</div>
<div class="cc">SHADOW</div></div></center>


Dernière édition par Elijah Mikaelson le Mer 1 Juin - 20:25, édité 12 fois
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Elijah Mikaelson

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MessageSujet: Re: Fiche de Présentation (Eliott d'Arundel)   Mer 18 Mai - 11:48

<br /><center><div class="fondf"><div class="imgcit"><div class="id"> Historique <id>du</id> personnage </div><center><ne> Every man desires to live long, but no man wishes to be old (J. Swift) </ne></center></div><div class="fondinf"><img src="http://67.media.tumblr.com/5afe2966c7039a3a3ca8164ed5dc8dd1/tumblr_ns6gniZ92s1qdghxxo2_500.gif" class="gifprez" /><br /><br />
<pr># Comment avez-vous vécu le bref retour d'Eve ? :</pr> Mal. Très mal. Le fait est qu'Eliott tient tout particulièrement à sa volonté propre. En être privé a tendance à un peu trop lui rappeler les deux années où il a servi de garde-manger à celui qui est devenu par la suite son créateur. Si sa conscience n'était pas alors pas entière pour des raisons évidentes, le réveil fut, lui, quelque peu douloureux. Depuis lors, il s'était donc promis de ne jamais retomber dans un état de servitude. Aussi que la Mère Supérieure a fait son grand retour, la méfiance et la prudence furent de mise. Il a observé un temps avant de, rapidement, tenter de disparaître et de se faire discret (ce qu'il déteste). Mais bien entendu, aussi indomptable qu'il puisse être, l'appel fut trop fort et il a du suivre comme tous les autres. Là encore, le réveil fut rude, bien plus que la fois précédente en fin de compte. Sa nature lui avait fait espérer qu'il pourrait tenir sa promesse et le retour d'Eve fut l'occasion d'une belle désillusion. Son complexe divin, pour sa part, a eu tendance à s'accentuer encore davantage depuis.
<div class="sep"></div>
<pr># Que pensez-vous des êtres-humains et comment vivez-vous le fait de devoir vous cacher d'eux ? :</pr> Les êtres humains. De merveilleuses créatures qui font d'excellents mets en dépit de leur carcasse bien plus pleine de vent que d'intelligence. A la vérité, les seuls qu'il respecte vraiment sont les artistes pour leur incroyable capacité à rendre compte de la beauté sous toutes ses formes. Quant aux autres, leur utilité est bien plus limité. Le fait est qu'il a l'impression que les générations avançant, la vacuité semble prendre une place toujours plus importante dans l'esprit de ces créatures, à son grand désespoir. Aussi, même si ça le rend triste de l'avouer, il a de plus en plus tendance à choisir ses victimes pour leur physique avantageux ou le fumé particulier de leur sang que pour leur vive intelligence. Il existe heureusement encore quelques exceptions qu'il soigne tout particulièrement. Pour ce qui est de devoir se cacher d'eux, de son point de vue, c'est une véritable ineptie. L'idée même d'avoir à se masquer pour une race somme toute inférieure l'horripile au plus haut point mais il en connaît la nécessité, puisque que malheureusement, elle compte dans ses rangs ces maudits chasseurs. Il s'y plie donc mais pas particulièrement de bonne grâce et se fait un plaisir de rappeler son rang et sa supériorité quand il en a l'occasion.
<div class="sep"></div>
<pr># Appartenez-vous à un clan ? Si oui, lequel et quelle y est votre place ? Quel est votre but ? :</pr> Il n'appartient qu'à un seul clan, le sien. Il l'a fondé à la fin du XIX° à San Francisco et y règne comme un dieu au côté de son frère aîné qu'il a appelé à le rejoindre. Il adore s'y faire vénérer et ce doit être un des seuls lieux dans ce monde, où il se sent bien et à sa place. Il considère, en effet, qu'il a enfin trouvé la place et le lieu où il appartient dans ce monde et apprécie d'autant plus que le respect qui lui ait dévoué soit en fin de compte une extension supérieure à celui que son rang aristocratique quand il était humain pouvait lui conférer. Il veuille donc avec grande attention sur ses sujets et en général, ils le lui rendent plutôt bien.
</div>

<id>Histoire</id><div class="life"><img src="http://66.media.tumblr.com/6d8f01337a3eed7981941fc5ff5d8c89/tumblr_nt0a88Plqb1qij8uso5_250.gif" style="float:left; width:150px; border:2px solid #101111 !important; margin-right:10px; margin-bottom:9px;" /> La nuit était suave. Doucereuse. Presque légère. L'air semblait vouloir entremêler le suffoquant et une fraîcheur toute particulière. Il y prêtait peu d'attention pourtant. Le temps n'était pas aux réflexions, ni même aux observations. Il était aux célébrations. A la vie, incessante, virevoltante. Entêtante comme bercée par une musique bien en elle à peine audible au commun des mortels. Il l'entendait cependant. Du moins, il la sentait. Vibrante tout autour de lui, ne le pressant que d'une chose. Embrasser la nuit et l'existence. Respirer le parfum du vent et les effluves distingués de la Cour. Il allait être en retard. Il le savait. Le valet n'avait eu de cesse de le presser mais il n'en avait que faire. Il se devait de soigner son entrée. Et les rois n'étaient de toute manière jamais en retard. C'était le peuple qui était en avance. Oh, il n'était pas un roi. Il y en avait déjà bien un mais il était loin d'appartenir à son sang. Il n'en avait cure toutefois. S'il n'était pas roi dans ce royaume, il l'était dans son univers. C'était amplement suffisant. Y croire, épouser chaque parcelle de l'idée le satisfaisait, il devait juste s'en convaincre. Il avait demandé au chauffeur de ne pas toucher les ouvertures. Il voulait pouvoir sentir l'air de la nuit et le vent chatoyant dans l'habitacle même de la voiture. Respirer lentement, s'imprégner encore et toujours du goût si caractéristique de la capitale britannique. L'heure était avancée. La fête battait sans doute déjà son plein mais elle n'était pas complète, pas encore, pas sans lui. Il aimait cette idée. Cette pensée lui fit naître un sourire. Il serait bien difficile de rentrer au domaine. Il le faudrait pourtant un jour ou l'autre. Il n'était pas spécialement prompt à le faire. Il le faudrait pourtant. Ne serait-ce que pour revoir son frère, son cher Melchior. Il avait hâte de pouvoir lui offrir le récit de sa vie londonienne autrement que par ses lettres. Il voulait le lui transmettre non seulement par ses mots mais aussi par sa voix, par ses gestes. Lui offrir un spectacle qui serait digne de rendre compte de la vie, ici, tellement loin de la maison. Mais pour pouvoir conter, il fallait d'abord vivre et il comptait le faire. Laquelle allait-il attirer dans ses filets ce soir-là ? A laquelle allait-il pouvoir compter ses nombreux talents en vue peut-être de lui offrir l'exclusivité de quelques-uns ? Le jeu l'amusait déjà. Le temps lui parût soudain long. Il avait envie d'arriver. Il se retint, par ailleurs, d'une remarque au chauffeur. Il préférait le garder dans ses bonnes grâces. Pour plus tard. Celui-ci marqua un arrêt pourtant. Il leva les sourcils au ciel, surpris, commença à observer à l'extérieur avant d'envisager de lui demander pourquoi donc il s'était arrêté. Il pouvait le voir. Ils n'étaient pas encore arrivés. Son interrogation lui resta cependant en travers de la gorge en même temps que sa voix. Le son qu'il venait d'entendre n'avait rien d'humain. C'était un cri d'homme pourtant mais il était loin de le sembler tant il était déformé. L'effroi le saisit et l'hésitation avec lui. La marche à suivre lui échappait. S'échapper pourtant paraissait être une bonne option. Mais comment la saisir ? Ils allaient venir pour lui. Il le savait. Mais qui étaient-ils ? Était-il visé ? Il se surprit à passer en revue dans sa tête la liste des individus qu'il avait pu irriter récemment. Aucun ne lui venait pour justifier la situation dans laquelle il se trouvait. A moins qu'il n'ait touché à la personne de trop. Depuis quand il était interdit de se servir ? Il connaissait déjà la réponse et n'avait pas vraiment besoin que sa maudite conscience la lui rappelle. Le problème en l'occurrence était autre et surtout bien plus urgent. Il ne savait toujours pas comment agir. Devait-il se faire discret, tenter de fuir ? Aucune de ses idées ne semblait pourtant vraiment l'aider. Il était coincé. Effroyablement coincé. Il espérait qu'ils ne soient pas trop nombreux. Il saurait se défendre, à condition de ne pas faire face à une armée. Peut-être devrait-il faire ce choix alors ? Celui de l'attaque plutôt que de la fuite. Depuis quand les d'Arundel envisageaient-ils la fuite de toute manière ? Il se sentait soudainement sot. Il ignorait combien de temps était passé depuis qu'il s'était perdu dans ses réflexions. Une demi-seconde, peut-être deux, à moins que les minutes n'aient choisi de défiler. Non, c'était peu probable. Ce temps avait été trop long en tout cas. A peine avait-il décidé de sortir que le choix lui fut ôté. Mais l'accueil à la sortie était loin d'être celui qu'il attendait. Un homme. Seul. Non, pas un homme. Définitivement pas un homme. Mais quoi alors ? Il s'apprêtait à l'interroger mais avant qu'un mot n'ait pu franchir ses lèvres, il s'était saisi de sa jugulaire.

Le brouillard. Un grésillement incessant; éreintant. Une lumière bien trop vive. L'éclat perdu dans les monceaux de poussière éparpillés de l'air. A moins que ça ne soit des plumes. Des nuages alors ? Le bruit. Comme un cri. Non, un murmure. L'écho qui résonnait puis se perdait. L'étau qui se refermait puis s'étirait. La musique de la pluie. Non, du sang. Comme une palpitation. Les couleurs manquaient. Absentes. Du noir, du gris, du blanc. Était-ce du rouge ? Faisait-il jour, nuit ? Nuit. Il faisait nuit. La voix était muette. La gorge sèche. Le parfum était âpre. Désagréable. Agressif. Merveilleux. Des parcelles de verre. A moins que ce ne fusse du diamant. Et le grésillement incessant. Perdu dans la musique. Une mélodie douce comme du piano. Non, pas du piano. Le flot dans les tempes. Sourd. Assourdissant. Les hurlements s'échappèrent. Réels ou pas réels ? Non. Vivants ou morts ? Vivant ou mort ? Et soudain l'encre noire. Et le silence.

Les murs étaient humides. Froids. Confortables. Il jouait avec les chaînes accrochées à leur portant. Elles n'étaient pas les siennes. Pourquoi le serait-il ? Il n'avait nul besoin de chaîne. Il était libre. L'était-il ? Parfois les souvenirs étaient là. Puis ils repartaient. Ils étaient doux, attendrissants. Étaient-ils vraiment les siens ? Il préférait ne pas y penser. Ces chaînes. Il les haïssait. Toutes. La colère vint saisir ses membres et le désespoir avec elle. Quelque chose lui échappait mais quoi ? Depuis combien de temps était-il là ? Enfermé là pour lui ? Il avait perdu le compte de jours, des heures. L'horloge n'était plus sur ce mur depuis longtemps. Combien de temps ? Peut-être un an, peut-être deux. Peut-être un mois ou quelques semaines. Qu'importe au fond. Le monde avait sans doute oublié son nom.

Il avait fini par arriver. Son cher ami. Ami ? Il n'arrivait pas encore à se décider sur le terme. Il avait besoin de lui. Il avait toujours besoin de lui. Rectification. Il avait besoin de son sang. Il en était presque flatté. Il en était flatté. Une part de lui aurait préféré vivre pourtant. Observer encore un peu la lumière du jour. Pourquoi devaient-ils être deux à en être privé ? Il s'en satisfaisait pourtant. Un peu. Parfois. Souvent. La sensation n'était pas nouvelle. Elle ne faisait presque rien. Elle était différente cette nuit-là pourtant. Elle était promesse. Il allait enfin être libre. Libre d'être vivant. Libre d'être mort. Et ses lèvres alors affichèrent un temps un sourire de triomphe.

La douleur avait été saisissante. Vibrante. Insupportable. Le son était strident. Violent. Vivant. La voix était muette. Trop chargée. Et puis les heures, les heures. La pluie. Non, le vent. Le feu. Le feu sans cesse. Ardent, inextricable. Là, toujours là. L'embrasement. La couleur de la lumière. Quelle couleur ? Le flou. La toile blanche. Le brouillard. Encore. Différent. Et les heures, les heures. Une minute, peut-être deux. Il le sentait. Il le sentait. Fuir, partir, l'abandonner. Puis revenir. Autrement. Plus morte que vivante. Juste la vie. Juste le monde. Son monde. Pleuvait-il ? Le sang continuait de battre. Puis de sombrer. Les odeurs étaient là sans l'être. Il aurait été incapable de les définir. La douleur refusait de s'échapper. Les pensées implosèrent. Le souffle se hacha. Le temps se fit sourd et l'éclat du jour finit de s'éteindre dans la prunelle de ses yeux.

Tout était. Vivant. Effroyablement vivant. Les couleurs. Les sons. Les matières. Et la lumière. La lumière aveuglante était plus belle que jamais. Il était mort mais il se sentait vivant. L'énergie était nouvelle, traversant chaque centimètre carré de son corps. Et il était plus beau que jamais. Il s'était toujours considéré plus beau que la moyenne. Mais cette fois, l'artiste semblait s'être surpassé. Il n'y avait aucun regret dans ses gestes, dans ses pensées. Il était là. Brillant et beau. Il n'eut pas le temps de s'en occuper pourtant. La gorge était sèche. Brûlante. L'esprit confus, comme assourdi. Il avait perdu le compte des lieux, des nuits. Le bruit le surprit. Il se tourna vivement. Trop vivement peut-être. Il n'en perdit pas l'équilibre pour autant. Quelque chose n'allait pas. Il n'aurait su dire quoi. Un regard paniqué croisa le sien. De quoi pouvait-Il donc être si effrayé ? Avait-il manqué quelque chose ? Impossible. A moins que. Le bruit se fit plus présent, plus sourd. Et puis il comprit. Il se prit un mur, au passage. Fuit. Pourquoi ? Il observa les alentours, ses idées trop confuses pour lui venir en aide. Il ne comprenait pas. Il détestait ne pas comprendre. La soif pourtant. Ce tiraillement. C'était loin d'être le moment. Il le savait. Alors pourquoi ? Il les vît alors. Combien étaient-ils ? Il les comptait mais perdait le nombre. Il paniqua. Pourquoi ? L'incompréhension toujours et la lassitude. Avant qu'elle ne meure presque aussitôt. Les circonstances ne s'y prêtaient guère. C'était une attaque. Ses gestes le perdirent cependant, aussi rapides que ses pensées, si ce n'était plus. Il n'aurait su le dire. Il flairait le danger toutefois. Il devait le rejoindre. Il avait besoin de Lui. Il n'avait plus que Lui. Non, c'était faux. C'était vrai, c'était désespérément et merveilleusement vrai. Il n'avait plus personne. La sentence vint le frapper aussi violemment que la hache avait tranché la tête dans l'air. Non, pas la sienne. Celle de son Maître. Mais la sienne n'allait pas tarder à suivre, il le savait. Il fuit alors. Mais où ? Il en trouva d'autres, massacra ceux qu'il put à moins qu'ils ne soient vivants encore. Il n'en avait que faire. Il les voulait morts. Mais il n'était pas encore mort. Pas tout à fait. La nuit le frappa soudain. Ou était-il ? Ou allait-il ? Un nom vînt l'éclairer d'une étincelle. Il savait.

Le désespoir. Il le sentait. Il le sentait saisir chaque centimètre carré de sa peau et de son âme. Ou était le temps ? Passait-il vraiment ? La panique avait pris possession de ses membres plus tôt qu'il ne l'aurait voulu. La fuite. Mais pour aller où ? L'évidence l'avait frappé mais que lui promettait-elle ? L'oubli ? Le désarroi ? L'idée même qu'il ait pu l'oublier lui paraissait inconcevable et pourtant. Elle était là, bien présente, sournoise et douloureuse, tapie dans l'ombre prête à dévorer ce cœur qui avait cessé de battre. Pourrait-il seulement la supporter si elle s'avérait vraie ? Il préférait ne pas y penser. Ne pas penser. Sa raison semblait l'avoir quitté en même temps que son audace. Cette crainte irrationnelle. D'où venait-elle ? Il la haïssait. Il la haïssait tellement. Elle le rendait faible. La lucidité le rendait faible. Le réveil, s'il en était un, était douloureux. Mais un réveil de quoi ? Qu'avait-il manqué ? Que lui avait-il échappé ? Le flot de ses pensées dépassait la norme. Il n'aurait su dire pourquoi. Une part de lui le savait pourtant. Mais elle semblait ensevelie sous les ruines d'une vie qui fut sienne et que la nuit avait éteinte. L'encre du ciel en d'autres circonstances lui aurait paru belle mais il n'y prêtait guère attention. Il ignorait où il allait mais ses pas semblaient le savoir pour lui. Son esprit était donc libre de se perdre dans des méandres ténébreuses. Libre. Ce terme avait-il encore un sens ? De quoi était-il l'esclave ? En avait-il été un ? La vérité l'effrayait bien plus encore que sa réalité. Qu'allait-il faire ? Que devait-il faire ? Il espérait que celui qu'il souhaitait rejoindre pourrait lui offrir des réponses. L'attention fut saisie, ailleurs. Vers une odeur. Un parfum. Entêtant. Magnifique. La gorge avait pris le parti des flammes et sa raison, somme toute, absente semblait éteinte plus encore. L'étincelle de lucidité. Le sourire de triomphe. Puis le désespoir. Encore. Plus grand encore. Il aurait voulu briser ses traits sur le reflet de la vitre, à moins que ça ne fusse un miroir. La fuite, encore. Pourquoi ? Pourquoi fuyait-il ? L'idée le rendait fou mais pas autant que l'effroi. L'aube vint à naître et lui brûla les rétines avec incompréhension. Il en évita donc la lumière. L'éclat en était douloureux. L'épuisement l'attrapa et la faim vint aussi. Non, la soif. Les murmures refusaient de se taire. Les grésillements de résonner. Il eut envie de hurler. Il ne parvint qu'à s'écorcher la gorge. Le goût, cette fois, lui déplut quelque peu. Et puis la fin. L'envie de tout taire. De se taire. Et d'oublier.

La pluie avait fini par arriver, maquillant le ciel et oubliant les rayons de l'astre. Il tremblait encore mais les murmures avaient pris fin. Ils reviendraient, il le savait. Tout comme la soif. La soif. Il ne devait pas y penser. L'oublier. Juste avancer. Juste continuer. Encore. Encore un peu. La nuit n'était plus très loin.
Elle ne l'était pas en effet. Ni même les lieux qu'il avait désiré. La lune vint les éclairer et la lueur de faire naître d'inexistantes larmes au creux de ses prunelles. Son palpitant avait cessé de battre mais le silence de l'endroit ne manqua pas d'en rendre compte. D'autres battaient en revanche. Le sien peut-être. Il se surprit à vouloir arpenter les murs qu'il connaissait par cœur. Combien de temps ? Le compte lui manquait. D'une certaine manière, il l'effrayait. Ses pas si agiles et si rapides désormais se firent soudainement lents, doux. Plus silencieux que l'aurore. Il franchit le pas de la porte sans même s'en rendre compte. La nuit avait prit possession du domaine et le silence n'était rompu que par la mélodie de quelques cœurs. L'odeur le frappa de plein fouet. Celle des veines, celle de la poussière, celle du temps, du passé. De son vivant. Parce qu'il était mort n'est-ce-pas ? Il le savait, le sentait, le ressentait et le vivait sans être capable de le vivre. Comment pouvait-il vivre sans vivre ? L'idée le dépassait puis lui parut évidente. Le frisson ne lâcha pas ses membres et ses doigts fins tracèrent les lignes des ouvrages jusqu'aux livres de la grande bibliothèque. Cette pièce était belle. Chauffée mais il aurait été toujours froid. Pourquoi était-il là ? Qu'espérait-il vraiment ? Mourir encore ou tenter de vivre ? Comprendre peut-être. S'offrir autre chose. Il se sentait si faible pourtant. La soif en dépit de sa volonté le tenaillait. Sans doute, faudrait-il mieux fuir, revenir plus tard ou jamais. Il se détestait. Détestait sa faiblesse et sa lâcheté. Qu'était-il devenu ? Ou était-il lui, l'homme qui avait grandi sous ces toits ? Le froid, le froid, le froid. Il avait si froid. Pourquoi ? Une autre mélodie vint s'ajouter aux autres, détournant son attention. Était-ce le sien ? Se pouvait-il que ? Il était trop tard pour reculer, il était temps de cesser. Si quelqu'un pouvait lui rendre vie, du moins en son âme, c'était bien lui.
Tapi dans l'ombre, il laissa son nom franchir ses lèvres dans un murmure. Il craignait de l'effrayer. Il vît alors. Le temps ne l'avait pas épargné. Combien d'années ? Le compte l'effraya plus encore et il se refusa à y penser. Il était là. Son cher frère. Il réalisa soudain avec quel point il lui avait manqué. Il s'approcha encore, renouvela son nom dans un souffle.
Il ne fallait pas qu'il s'approche. Non. Il le sentait. Il la sentait. Cette soif. Indélébile. Effroyablement ardente. Non. Pas maintenant. Pas cette fois. Les interrogations de son frère le frappèrent soudainement comme le souvenir lointain de sa voix lui parût appartenir à une autre vie. Il le vît s'avancer. Non. Non. Je t'en prie. Je t'en prie. Il recula d'un feulement qui le surprit et l'arrêta soudain.
« Non ! N’approche pas ! »
Je t'en prie, je t'en prie. Pas toi. Pas comme ça. Pardonne-moi.
Qu'était-il venu chercher ? Il avait besoin de lui, de réponses, de comprendre. D'oublier. De fuir. De rester. Il le fixa une seconde, puis lui révéla l'évidence. Dis-moi, Melchior. Dis-moi.
« Aide-moi. »
Il masqua ce qu'il était devenu, comme réveillé. Le risque était trop grand. Qu'avait-il fait ? Il eut ses mots. Ses mots qu'il avait tant espéré. Mais devait-il vraiment y croire ? Aussi grand puisse-t-il être pouvait-il réellement lui venir en aide ? Il avait besoin de croire. Juste une seconde. Une demi-seconde de répit. Avant la fin. La dalle craqua. Il s'était approché. C'était terminé. La mort prit le dessus pour assassiner la raison et la soif pour sceller son monde.

De l'encre. Pourpre. Dans le creux des prunelles. Au travers des murs. Des couleurs. Sans éclat. Sombres et froides comme le crépuscule. Du noir, du gris, du sang. Un souffle. Puis un battement. Un qui s'éteignait. Puis un autre. Puis un autre. Le flou. Le vide. Le froid. La fin. Le désespoir. Puis le silence. La nuit. Encore. Encore un peu. Puis la lune. Ocre. Noire de la nuit et morte. Des brins. Des étincelles. Le jour était loin. Encore un peu. Encore un. La folie. Juste la folie. Le désespoir. La rage. L'agonie. Il avait été le premier mais les autres suivirent. Un puis un puis un. Les cris. Les voix. Les sons incessants. Un chuchotement, bourdonnant et puis qui grince. Tout résonnait. Tout hurlait. Tout l'agonisait. Si la vie était morte, l'humanité l'était avec elle. Chaque lieu. Chaque vie. Chaque pièce. Chaque corps. Tout était là. Comme avant. Si différent. Si clair. Il était aveugle pourtant. Le moindre souvenir. Puis les ténèbres. Ardentes. Brillantes. Plus vivantes que l'infime parcelle d'un monde qu'il avait quitté depuis trop longtemps. Et puis l'encre. Encore. Toujours. Plus écarlate. Plus sombre. Plus douloureuse. La faim. La soif. Encore. Toujours. Pourquoi ? Sans réponse. L'homme était éteint. Enfin. Les murmures avaient cessé, avaient laissé place aux cris d'effroi. Mais pas les siens. Le silence les réduisait au songe. Comme l'unique flamme tendait à s'éteindre. Pourquoi ? Comment ? Qu'était-il ? Ou était-il ? Qu'importe. Il était là. Il était absent. Loin du vivant. Nulle étincelle. Juste un rictus. Comme un réveil. Un appel. Celui du noir, celui de la nuit. Le désespoir n'était plus. Il n'était plus. Ne restait que le froid. Le froid mordant. Et la pluie. Du cristal, du sang. A moins que ça ne soit du verre. La musique. Incessante. Un battement, juste un battement. Des grésillements. Puis une ombre. Le sourire accroché aux lèvres. Et puis la fin. Juste la fin. Le froid. La glace. Le frisson saisissant. Il s'effondra. Sans comprendre. Agonisant. Vivant. Sale. Animal. La lumière revint. Peu à peu. Le jour était encore loin. Mais pas lui. Plus maintenant. Qu'avait-il fait ? L'horreur le prit. Figée. Un regard sur ses doigts. Fins. Ils n'avaient plus rien d'humain. Que restait-il alors ? Il se releva, lentement, trébuchant presque. La réalité le frappa. Il suffoqua. La peur soudain. A chaque corps. Chaque silhouette. Chaque goutte de sang qui peinturait les murs. Il accéléra. Pas lui, pitié, pas lui. Il le retrouva. Là où il l'avait laissé. Non. Non. Non Non. Il s'approcha. Lentement. Repu. Dégoûté de lui-même. Saisit ses doigts. Un battement. Encore. Rêvait-il ? Non. Pas cette fois. Il était la seule mélodie des lieux. Le dernier brin de vie. Il n'aurait su expliquer comment. La nuit lui revint, l'horrifiant peu à peu. Qu'était-il devenu ? Il le savait. Bien sûr qu'il le savait. C'était terminé. Il n'était plus homme. Depuis longtemps. Plus maintenant. Il avait écrit la fin. Marqué d'une lettre de sang l'épilogue de l'histoire. De cette histoire. Il le quitta une seconde. Il devait vivre. Au moins vivre, quitte à mourir. Comme lui. Avec lui. Ils trouveraient. Ils trouvaient toujours. Ils était eux. Désormais seuls contre le monde. Comme dans un rêve d'enfant. Presque comme avant.

La nuit était poreuse, presque fraîche mais non dénuée de couleurs. Chaque note, chaque saveur semblait vouloir offrir une autre trace de leur passage. Marquée leurs esprits comme pour signifier toujours ce que cet instant voulait dire. Les flots étaient calmes mais il les sentait impatients, comme vivants. Ce qu'ils étaient sans doute tant le monde paraissait ouvrir un champ des possibles indéfinissables. Les rayons du soleil avaient enfin quitté l'horizon et le vent incessant et sauvage ne cessait de lui procurer le sentiment que la liberté était enfin sienne. Et que le monde, le monde alors pourrait l'être peut-être un jour aussi. L'idée lui fit naître un sourire. Le compte des ans avait cessé d'avoir prise sur lui, aussi avait-il décidé de ne plus le faire. Quel intérêt au fond. L'éternité n'avait pas d'âge. Plusieurs mois étaient passés pourtant depuis qu'il avait quitté la faible nature des hommes, plusieurs années même. Passées à vivre, à errer, à comprendre enfin que sa malédiction n'en était pas une, loin de là. Il avait appris à l'embrasser, à en épouser la moindre nouveauté, la moindre étincelle de perfection qui le rendait encore plus incroyable qu'il ne l'était auparavant. A la comparaison au fond, il pouvait même en venir à dédaigner sa prime nature. Il se savait né pour mourir comme tout homme mais il aurait du se douter qu'elle signifierait alors une autre vie, bien meilleure encore. Au fil des lieux et des moments cependant, la lassitude l'avait gagnée. L'Europe avait beau être le berceau du monde et de sa lumière, elle lui avait paru soudainement si succincte. Il avait besoin de grandeur, de démesure, de renouveau à son image. Et il savait qu'il ne trouvera pas dans le lieu de son humanité. Aussi, avait-il fini par céder. A la tentation, à l'appel du monde et de sa profusion. A la beauté fauve et singulière de la vie de l'autre côté. L'esprit vagabondait au rythme des flots, impatient et insatiable. Il avait hâte de vivre, d'observer, de goûter, de noircir des milliers de lettres juste pour pouvoir tout détailler. Il regrettait quelque peu que son frère ne le suivait pas encore mais ça n'était que partie remise, il le savait. Il comptait bien continuer de le harceler à son affectueuse manière de mots et de couleurs, aussi vifs que le parfum qui saisissait déjà chacun de ses sens . L'aube approchait mais tout allait bien encore. A la fin du jour, il le savait, il pourrait enfin embrasser son inéluctable destinée.

Le temps était âpre, suffoquant. Difficile à appréhender. Les lumières étaient vives, trop vives, la folie à toutes les portes. Le flot, le flot sans cesse. La foule, le monde, c'était étouffant, c'était brillant, électrisant. Tout était grand, tout était ocre, tout était flou et pourtant si net. Il respirait d'un souffle inutile, juste pour saisir les moindres nuées de cristal, les moindres éclats d'artifice et le parfum de la peinture démesurée qui ornait les murs. C'était un autre, c'était autre. Si différent, si grand. Rien ne lui appartenait pourtant. Le charme était là, bien vivant mais le rêve n'était pas. Pas encore. La beauté des uns, la volupté des autres. Rien en ces lieux ne semblait appartenir au monde des hommes. C'était le leur. Celui des créatures de l'ombre; celui de la nuit, des sortilèges et des hurlements de la pluie. Le temps était âpre encore mais il avait passé. New-York était belle mais la lune d'argent y était trop froide. La Nouvelle Orléans était merveilleuse. Folle et enchanteresse. Mais elle n'était pas sienne. Il lui fallait poursuivre sa route alors vers des nouveaux lieux. Il avait l'éternité pour trouver la place, pour trouver l'éclat de la grandeur qui était sienne et elle semblait à portée de main.

Imprenable, comme l'éternité. Les flots martelaient les rivages et semblaient s'ouvrir sur le monde de l'autre côté. Si c'était si loin du sien, si loin des ombres et de la bienséance de sa société. Les heures étaient encore peu nombreuses mais il pouvait déjà les sentir. Les effluves d'un autre chose, d'un autre part, d'une autre idée. La vue était là et il ne l'avait pas quitté. Il renvoya les hommes qu'il emmenait avec lui pour perdre son regard et le creux de ses prunelles dans le dessin qui rêvait de tracer de ses doigts. Il le sentait mentalement. Il sentait les couleurs, ressentait les formes, imaginait chaque trait et appréciait chaque ombre. La lumière était celle de la nuit mais la nuit était sienne. Elle avait perdu la teinte du noir, il y avait bien longtemps. Elle était à l'opposé en réalité. Elle était blanche, rouge, dorée et verte. Elle était pourpre, nuancée, brillante et intarissable. Les échos de la pluie lui offraient parfois des brins des étoiles et rendaient les murs aussi brillants que le cristal. Cette nuit-là, la vue était infinie. Il avait l'étrange sentiment que l'éternité seule ne suffirait à en rendre l'écrin et la réalité. Etrange sentiment s'il en était. Il était terrifiant. Grisant. Le sourire qui avait pris ses pas sur ses lèvres était déterminé à le rester. Il savait.
Il savait.
Cette nuit-là, il resta à contempler le rivage et puis quand l'aube vint faire naître d'autres images; il s'enferma dans une chambre miteuse des vieux quartiers. Et il noircit les lettres. Une par une, chacune après une nouvelle. Il marqua les pages, tenta de décrire, d'exprimer par des mots qui, après tant d'années semblait étrangement lui manquaient l'épiphanie qui avait la sienne. Il ne termina pas sa lettre. Pas ce jour-là en tout cas. La nuit revint et ses horizons avec elle. Il la saisit alors et commença sa plus belle oeuvre.
Parce qu'à l'aurore quand il aura terminé ses manuscrits, il les enverra vers l'Europe, il leur fera quitter San Francisco pour le joindre, lui. Pour le ramener à la maison. Pour les ramener auprès de lui. Parce que ces lieux allaient être à eux et ils y auront enfin le règne des dieux.

Le chaos. Absolu. La nature s'était retournée contre les hommes et le faisait payer au prix fort. Le malheur s'il en était un ne pouvait qu'être divin. Et dire qu'il avait cessé de croire en un autre dieu que lui-même. Difficile de l'ignorer pourtant. La poussière, les éclats, les bruits assourdissants et la chaleur interminable. Le souffle, encore et encore. L'effondrement puis l'assourdissement. Les tympans qui vrillaient sans cesse, à le rendre sourd. L'aveuglement, encore. Et les éclats, les éclats. Les tempêtes d'ondes et la colère du vent. Le vent qui avait pris la fuite et la rosée avec lui. Des cris, des hurlements, des murmures puis des râles. Des palpitations, une puis une puis une. Il s'effondra. Les genoux martelant le sol et les échos encore. Incessants, insupportables. Insurmontables. La folie guettait et le chaos faisait sien de toute trace. Les poumons étaient emplis. Inutiles mais suffocants. L'air aveuglait le monde et tout ce qui pouvait les rendre exceptionnel était dérisoire. L'Enfer avait ouvert ses portes. Il ne pouvait le penser autrement. Les hurlements se perdaient dans le flou et il s'en trouvait presque aphone. Le brouillard. La douleur sourde. Et puis les flammes et le silence.

Tout avait commencé plus tôt aux premières heures du jour. La Terre avait vibré, transperçant tout sur son passage. Les éclats de l'astre n'étaient pas encore là tout à fait mais la surprise avait été réelle. Une minute à peine. Mais une éternité. Il avait du rassurer les uns, les autres, ça n'était rien. Ca arrivait. Ca n'avait pas été rien pourtant, il l'avait su , il l'avait senti. Chaque infime parcelle de son corps avait paru pouvoir ressentir les nuances dans l'air et dans la mélodie du monde. Il résonnait. Il n'aurait pas pu. Puis le choc était revenu, encore. Plus fort que le précédent, ruinant sur son passage. Il avait vu la peur saisir leurs regards et puis la chute. Les structures qui cédaient, les lieux qui se taisaient, le monde qui s'arrêtait et les corps qui se heurtaient, soudainement écrasés. Les cris étaient nés sous les décombres. Les ordres avaient fusé, sans la compréhension pourtant. La sanité d'esprit leur avait manqué encore. Il s'était relevé bien vite mais les dommages étaient loin d'être terminés. Le jour arrivait en grandes pompes et ils étaient exposés sur la loupe. La vivacité du soleil pourtant fut bien le dernier de leurs soucis.

Ce fut la douleur qui le réveilla tant elle avait saisi ses membres. L'accalmie avait duré à peine quelques seconde mais elle avait déjà été trop longue. Le brasier menaçait de le réduire à l'état de poussière mais il était plus rapide qu'elle. Pour le moment. Ce brasier-là n'était que peu finalement comparée à celui qui pénétrait sa gorge. La brûlure était insupportable. Incessante. Ardente. Des décades étaient passées depuis qu'il avait connu telle ardeur. Il allait devoir la laisser de côté pourtant. Pour le moment. La ruine était infinie. Partout des échos, des hordes de sable, à moins que ça ne soit de la poussière, des clameurs, des gémissements, des silences insupportables et des vapeurs culminantes. La douleur qui lui perçait les tempes menaçaient de le faire s'écrouler à nouveau. Il devait penser pourtant. Réfléchir. Comprendre. Penser. Juste penser. Les tressaillements de ses membres l'effrayèrent une seconde. Mais il savait. A mesure que son esprit retrouvait de sa raison et de sa vivacité, il comprenait. Il saisissait. Puis soudainement, il s’inquiéta. Pour lui. Pour son frère. Où était-il ? Il avait d'autres rôles, d'autres pensées à avoir mais c'était la seule qui lui paraissait sensée. Il devait le trouver. Ses pas tressautants se firent plus vifs, plus ordinaires à son extraordinaire. Il ne le trouva pas pourtant. L’inquiétude plus que la douleur manqua de lui serrer un cœur qui avait cessé de battre depuis bien longtemps. Vingt ans à peine. Était-ce donc le seul répit auquel il aurait droit ? Bientôt pourtant, il ne put ignorer davantage ce qui était sous ses yeux. Les membres mutilés, les peaux calcinées et l'odeur des flammes qui manquait de tout embraser. Il tomba sur l'un de ses hommes et la vue manqua de le dévorer. Il saisit ses mots sans les entendre, comprit le fil de ses pensées sans avoir à les lire, sut où était son esprit sans avoir à le lui demander. Il sut alors ce que cela voulait dire. Il sut aussi qu'en d'autres circonstances, il aurait pu. Mais pas ici. Mais pas dans le chaos déchaîné qui réduisait ces terres à néant. Lui-même aurait été incapable de faire cesser sa douleur, il savait que sont temps lui était compté. Les braises le consumèrent avant qu'il n'ait pu les arrêter. Il connaissait l'existence des créatures du feu. Etait-ce l'une d'entre elles ? Devait-il blâmer l'une d'elles pour la destruction qui l'entourait ? Elle était si étendue pourtant, si étendue. Il pouvait la sentir, l'entendre. Les cris, les agonies, les supplications. Les fumées étaient si hautes qu'elles masquaient presque le ciel. Le jour était là, pourtant. Mais où allait ? Tout n'était que cendres, ardeur et désespoir. Il repensa soudainement à son frère et se remit aussitôt sur ses traces mais elles étaient illisibles. Il ne parvenait pas à saisir, pas même à comprendre. Il finit par le trouver et s'autorisa presque humainement à respirer. Que faire pourtant désormais ? Damian était mort mais qu'en était-il des autres ? Qui restait-il ? Que restait-il ? L'éternité lui parût longue et les interrogations avec elle. Il se mit en quête des uns puis des autres, s'effondra à nouveau. Peut-être allait-il y rester cette fois. Peut-être devait-il se faire à l'idée. Il s'y refusait pourtant. C'était inconcevable. Irréaliste. C'était réel. Effroyablement réel. La pensée s'ancra en lui et l'effroi avec elle. Il regarda son frère et pensa au seul regret qu'il n'eut jamais vraiment eu. Ce qu'il lui avait fait. Il avait tenté de se faire pardonner des milliers de fois au fil des années si jamais le lui demander. Il ne voulait pas prendre le risque de s'éteindre sans le faire pourtant. Ce furent alors les seuls mots qui franchirent ses lèvres. Comme dans un murmure. Pardon. Juste, pardon. Pour tout. Pour toi. Pour elle. Pour ça. Pour la mort. Pour la déception. Pour l’inquiétude. Pour la désillusion. Pour lui. Pour tout. Pour ça. Pour toi. Juste pour toi.
Juste pour toi.
Le chaos dura trois jours encore, réduisant la ville en cendres et les vies avec elle. Quand il finit par reprendre conscience d'autre chose que du brouillard, cette nuit-là, il ne trouva que poussière. Les survivants se comptaient des bouts de doigts et le vide qui l'envahit soudainement manqua de le faire suffoquer. Il était là, pourtant. Ils étaient là. Presque seuls contre le monde mais là. L'histoire n'était pas finie alors, ni le rêve avec elle. Des cendres renaissaient des vies, parfois des espoirs. Il n'avait pas perdu le sien et comptait bien encore y croire. L'éternité s'étendait encore.

L'air était électrique, les échos des hommes déchaînés. C'était vivifiant, électrisant. Jouissif. La mélodie flottait dans l'air et les palpitements envahissaient la pièce d'une musique plus douce encore. Le sourire carnassier qui était le sien ne quittait pas ses lèvres. Il évoluait entre les étoffes cristallines et pourpre comme le sang, observant les uns, les autres, appréciant la beauté fragile et éphémère de l'humanité. L'alcool coulait à flots et il pouvait sentir les moindres nuances dans les effluves du vent. Il les goûta sur le bout de la langue. La soif manquait presque de naître dans sa gorge. La tentation était partout mais elle n'était pas son but, pas ce soir-là. Plus tard peut-être quand tout se serait passé selon son idée. Il avait hâte de pouvoir en converser plus en avant avec Melchior mais pour l'heure, il devait concentrer son esprit. Il savait déjà exactement comment cela allait évoluer. Les humains étaient si prévisibles, plus encore selon les circonstances. Les lieux étaient plaisants, bien qu'un peu trop aseptisés de son point de vue. La fumée vint cueillir son palais et il aurait pu en reconnaître la teneur entre milles. Parfait, il était à l'heure. Il aperçut bientôt sa silhouette et puis voir la nervosité qui saisissait déjà ses doigts dans l'expectative. Comme c'était adorable. Il avait raison en fin de compte. Prévisible. Ce soir-là cependant, il n'était pas décidé à être charmant. Il put voir les pupilles se rétrécir comme peau de chagrin quand il l'aperçut enfin, déclenchant aussitôt un nouveau sourire qui n'avait rien d'enjoué.
"Bonsoir Alan."
"Monsieur d'Arundel. Vous ... vous êtes à l'heure"
"Quand l'envie m'en prend."
"Que, que puis-je faire pour vous ce soir, Monsieur d'Arundel ?"
"Oh, Alan, je crois que tu sais exactement ce que tu peux faire pour moi."
"Vrai..vraiment ?"
"Tu es sûr de vouloir jouer à ce jeu-là avec moi ?"
Il put voir la sueur, le frisson parcourir ses pores libidineux, ses doigts tremblants et son pouls, oh son pouls, délicieusement outrancier.
"Je ... je ne sais pas, Monsieur."
"Oh, Alan, mauvaise réponse."
S'approchant lentement, la voix menaçante dans un murmure.
"Tu vas faire exactement ce que je vais te dire ou "
"Ou ?"
"Oh, je suis persuadé que tu sais"
Il s'approcha encore, ressentant presque la moindre émanation somme toute désagréable qu'il pouvait engendrer mais qu'importe. La guerre était terminée et elle avait été plus que prolifique. Les affaires n'avaient été aussi fécondes et son empire s'étendait encore. Les premières semaines avaient apporté leur désagrément et les nombreux départs pour le Pacifique avaient causé quelques remous dont il se serait bien passé mais il avait rapidement fait d'en tirer le profit. Le monde était un terrain de jeu et il s'en amusait avec la tenue d'un joueur de poker et la démesure d'un enfant.
"Suis-moi"
Il le sentit hésiter, l’œil tressaillir de panique mais il s'exécuta. Ils quittèrent les lieux enchanteurs de la luxure pour s'aventurer dans un endroit plus éloigné et plus sombre. Il prit place et s'étala d'un air dramatique sur l'un des fauteuils qu'il était parvenu à trouver. Alan, en revanche, était resté vissé sur ses membres inférieurs, l'air presque apeuré. Pauvre animal. Piètre créature s'il en était. Il avait bien du mal à croire que certains hommes puissent le craindre. Il leur en fallait bien peu. Ça n'était pas si surprenant au fond. La limite n'était pas la même pour chacun et pour certains spécimens, elle semblait pitoyablement basse. Il l'observa, son air presque perdu comme incertain sur la marche à suivre. Le spectacle l'amusa une seconde avant qu'il ne se redresse afin de rendre son propos parfaitement manifeste.
"Je le veux."
"Que ... Quoi ... Monsieur ?"
"Pas quoi, qui et tu sais pertinemment de qui je parle. C'est pour ça que tu es là. Pourquoi crois-tu que je me serais importuné de ta présence autrement ?"
"Je ..."
"Certainement pas pour le plaisir de ta compagnie, cela me semble évident. Pas même pour ton physique en y réfléchissant bien."
L'homme se figea, les perles de sudation s'écoulant effroyablement lentement sur ses traits. Cela n'avait rien à voir avec la température pourtant. Définitivement pas pour son physique, non. Il avait bien du mal à lui trouver quelque chose de plaisant. Ses traits étaient fins mais marqués par le temps, ses cheveux étaient d'une couleur assez indéfinissable sur laquelle il ne préférait pas s'attarder et sa silhouette engoncée dans un costume trois-pièces suggérait une vie d'excès qui n'avait pas rien d'attirante à l’œil.
"Donc. Maintenant que nous avons pu mettre ça au clair, j'aimerais revenir sur l'objet de ma visite. Je Le veux. Et ne t'avise pas de me contrarier, tu l'as déjà bien assez fait. L'unique raison pour laquelle je t'autorise une chance encore, c'est parce que tu peux m'être utile pour cette affaire."
Le sourire n'avait pas quitté ses lèvres une seconde mais le regard comme le ton de sa voix ne trahissaient aucun répit. Il était las d'attendre, tout comme il était las du temps qu'il perdait pour faire rentrer sa pensée dans le crâne du cloporte face à lui. Cloporte qui paraissait être atteint de mutisme. Aussi joignit-il son mouvement au son de sa voix et se releva-t-il pour lui faire face. La différence de taille était infime, pourtant pour l'heure, l'homme apparaissait étrangement moindre.
"Mais je ... Monsieur d'Arundel. C'est impossible. Ce ... ce n'est pas ... il n'est pas à vendre."
"Allons, Alan, tu me déçois. Qui a parlé de vente ? Ai-je parlé de vente ? Non. Je ne crois pas et pourtant je suis doté d'une excellente mémoire. Maintenant, je n'ai cure de la manière dont tu t'y prendras mais fais en sorte que j'obtienne ce que je veux ou notre prochaine rencontre risque d'être singulière déplaisante."
"Je ... je vais voir ce que je peux faire."
"Voilà qui est mieux. Tu voies quand tu veux, Alan, tu n'es pas totalement inepte. Maintenant, sors de ma vue, tu as bien trop abusé de ma divine patience."
L'homme ne fit pas prier et après avoir risqué un dernier regard vers lui, partit aussi vite que ses membres tremblants le lui permirent.
Il soupira, s’avachissant à nouveau sur le fauteuil. Pourquoi tout devait-il toujours être aussi éreintant ? La cité des Anges avait ses charmes mais il regrettait déjà San Francisco. Il savait le nid entre d'excellentes mains mais cela lui manquait tout de même. Il repensait à l'avant. A l'humanité qui avait été la sienne, aux ans qui avaient passé depuis. Tout n'était pas simple mais la nuit était sienne. Il n'était pas seul sur la baie mais elle lui appartenait. Un sourire naquit à nouveau sur ses lèvres. Oui. Ce jour-là viendrait.
Le monde leur appartiendrait..
</div>

<id>TOI, TA LIFE</id><div class="life"><img src="http://67.media.tumblr.com/tumblr_lpr9z5D4HE1qafcveo1_500.gif" class="gifprez" />

<pr># Pseudo :</pr> Iracebeth.
<pr># Date de naissance :</pr> 15.10.90
<pr># Fréquence de connexion :</pr> Journalière (sauf imprévu).
<pr># Ta route jusqu'ici :</pr> J'ai été vilement corrompue par Dieu et l'un de ses fourbes fistons.

<pr># Code de validation :</pr> Try New Mexico, I hear he’s on tortilla
<pr># Schizophrénie :</pr> Nulle.

<pr># Commentaires :</pr> envie de dire quelques mots supplémentaires ?</div>
<div class="cc">SHADOW</div></div></center>


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MessageSujet: Re: Fiche de Présentation (Eliott d'Arundel)   Mer 18 Mai - 17:29

Citations
Be thou the rainbow in the storms of life. The evening beam that smiles the clouds away, and tints tomorrow with prophetic ray
(Lord Byron, Signature)
My heart in passion, and my head on rhymes
(Lord Byron, Titre Présentation)
Hate is by far the greatest pleasure; men love in haste, but detest in leisure.
(Lord Byron, Présentation P1)
Every man desires to live long, but no man wishes to be old.
(Jonathan Swift, Présentation P2)

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Gif Profil 01 : http://67.media.tumblr.com/7406400397587595d42dc42198cb8da6/tumblr_mthyx0OkWD1qm0e7eo2_250.gif
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Be thou the rainbow in the storms of life.
The evening beam that smiles the clouds away,
and tints tomorrow with prophetic ray (Lord Byron)
</div></table></blockquote>


Profil
Race : Vampire.
Age : 288 ans.
Métier : Patron du Bloody Mary. Leader de nid de vampires.
Situation : Célibataire.
Localisation : San Francisco
Loisirs : Gérer ses affaires, se faire vénérer, embêter son frère, se donner en spectacle.
Humeur : Mégalomane.
Feat. : Matthew W. Goode
Copyright : Ira'beth
Je suis aussi : //


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MessageSujet: Version 02   Jeu 19 Mai - 21:53

<br /><center><div class="fondf"><div class="imgcit"><div class="id"> ELIOTT <id>ALEXANDER</id> D'ARUNDEL </div><center><ne> Hate is by far the greatest pleasure; men love in haste, but detest in leisure.
(Lord Byron) </ne></center></div><div class="fondinf"><table border="0" align="center" width="425"><tr><img src="http://66.media.tumblr.com/tumblr_lpzk4aVqc11qa1m5uo1_500.gif" class="gifprez" />
<div class="ft"> FT. Matthew GOODE </div></tr><tr><td colspan="2" height="150"><pr># TYPE :</pr> Personnage prédéfini.
<pr># NOM :</pr> D'Arundel
<pr># PRÉNOMS :</pr> Eliott Alexander
<pr># SURNOMS :</pr> Leliot (par Melchior), Maître et ses dérivés (par ses sujets) ou encore Eli (par son ancienne fiancée mais il n’était pas particulièrement fan). Dans l'ensemble, il n'est pas spécialement un adepte des surnoms à moins qu'ils ne soient à son avantage. Il aime bien en donner en revanche, y compris à son frère même s'il ne le fait pas forcément parce qu'il aime ça encore moins que lui, semble-t-il.
<pr># AGE & DATE DE NAISSANCE :</pr> 288 ans. Décembre 1727
<pr># LIEU DE NAISSANCE :</pr> Split Oak Park, Cornouailles (UK)
<pr># RACE :</pr> Vampire.
<pr># GROUPE :</pr> Créature surnaturelle.
<pr># SITUATION MARITALE :</pr> Célibataire. Il était fiancé quand il était humain à Lady Elizabeth Keppel. Le mariage ne s’est jamais fait pour des raisons évidentes. N’étant pas amoureux, il ne l’a jamais vraiment regretté. Elle-même a fini par en épouser un autre.
<pr># PROFESSION :</pr> Patron et comptable du Bloody Mary. Il possède d’autres bars et boîtes de nuit un peu partout sous différents noms.
Leader de l’un des nids de vampires de San Francisco.
<pr># ORIENTATION SEXUELLE :</pr> Pansexuel. Il n’aime pas se restreindre mais reste principalement un consommateur de femmes (oui, c’est bien précisé, consommateur).
<pr># AUTRES INFORMATIONS :</pr> Il vît actuellement à San Francisco mais détient des résidences dans différentes villes aux Etats-Unis voire dans le monde + D’origine anglaise, il possède aussi la nationalité américaine pour des raisons pratiques. En revanche, bien qu’il soit parfaitement capable de s’en débarrasser (ce qu’il fait parfois), il a toujours un accent anglais bien marqué auquel il tient + Il a un frère aîné, Melchior qu’il a changé en vampire. Avec eux, la lignée s’est éteinte bien que le titre existe toujours + Il n’appartient qu’à une seule team, la sienne sur laquelle il règne d’une main de maître avec son frère.<div class="sep"></div></td></tr><tr><td width="50%" height=150"><img src="http://65.media.tumblr.com/855e253127edaeddfc03f4be1fbd03c1/tumblr_msrgdi9AAT1sdyzeyo4_250.gif" class="icoprez"/></td><td width="50%"><div class="anecdt"><pr># ANECDOTE 01 :</pr> Eliott est un passionné. Et l'une de ses premières passions, c'est la beauté qu'il apprécie et admire sous toutes ses formes. Le lieu où il la retrouve de la manière la plus évidente, c'est l'art. Peinture, cinéma, littérature, sculpture, musique, photographie. Il peut consacrer un temps incalculable à chacun de ces domaines. Il dessine d'ailleurs lui-même merveilleusement bien et a fait de la peinture dans sa jeunesse, sans avoir pour autant un style de prédilection. Son bref séjour à Londres a notamment été l'occasion pour lui de se rapprocher de peintres qu'il admire comme Thomas Gainsborough ou Joshua Reynolds. Il continue de griffonner de temps à autre encore aujourd'hui quand il s'ennuie.
<br /><pr># ANECDOTE 02 :</pr> C'est aussi un artiste accompli en tant qu'acteur, chanteur, danseur ou même musicien. Il n'a jamais fait carrière dans aucun de ces domaines mais cela ne l'empêche pas de se donner en spectacle à l'occasion (soit très souvent). Il est autrement un excellent public qui continue d'adorer le théâtre, l'opéra ou même les films. Il déteste cependant les films de vampires qu'il trouve si peu raccord à la réalité mais voue par contre un culte au cinéma américain des années cinquante. Il a notamment vécu à Hollywood quelque temps à l'époque et regrette encore parfois cette période où il en a profité pour financer quelques productions. Il considère le cinéma contemporain comme bien moins bon que celui de ce temps-là.
<br /><pr># ANECDOTE 03 :</pr> Musicalement parlant, c'est un grand adepte de la musique de la Nouvelle Orléans où il se rend de temps à autre et où il a vécu dans un premier temps avant de tomber amoureux de San Francisco. Il continue aussi d'apprécier l'opéra et la musique classique et il n'est d'ailleurs pas rare de l'entendre chanter à tue-tête quand l'envie lui prend d'en écouter.
<br /><pr># ANECDOTE 04 :</pr> Il est aussi polyglotte et parle un certain nombre de langues. En apprendre de nouvelles fait partie des passe-temps qu'il a pu trouver. Sa connaissance des langues anciennes en partant de l'indo-européen lui facilite par ailleurs grandement la tâche. Il met un point d'honneur à parler une langue parfaitement avant de passer à la suivante. Il adore notamment le fait que cela lui permette de lire tout ce qu'il veut sans avoir besoin de traduction. Il possède ainsi une préférence personnelle pour les littératures anciennes, allemande ou scandinave et a un attachement particulier pour le De Rerum Natura de Lucrèce.
<br /><pr># ANECDOTE 05 :</pr> Parmi ses autres passe-temps, on peut noter de manière non exhaustive : embêter son frère aîné (très important), boire de l'alcool fort (beaucoup) avec une préférence pour le bon vieux scotch (à moins qu’il entreprenne de vider son immense cave à vin) ou alors apprécier la beauté de la jeunesse (souvent féminine mais au fond, il ne s'interdit rien, inutile de faire un dessin). Il possède aussi une passion toute particulière pour les chevaux.
<br /><pr># ANECDOTE 06 :</pr> Il aime être bien habillé et porte une attention bien particulière à son apparence. Tous ses costumes sont bien entendu sur mesure. Il n'est en revanche pas  fan de la cravate de manière générale (ça masque la gorge, comprenez). Il se laisse pousser la barbe de temps à autre tout en veillant à toujours la tenir bien taillé, sinon, il est rasé de près. Il porte habituellement une chevalière à l'index droit et parfois des lunettes. Il possède, enfin, une collection non négligeable de parapluies.
<br /><pr># ANECDOTE 07 :</pr> Né au sein de l’aristocratie anglaise, il a reçu l’éducation qui convient à son rang et en conserve encore aujourd’hui les bénéfices et les principes majeurs. Aussi en dépit de son côté fantasque et extraverti, il possède toujours des manières de gentleman bien anglais et y tient comme il tient à son accent. Il attache aussi une importance propre à la monarchie qu'il respecte encore, en tout cas, dans son pays d'origine et aime se penser à la tête de la sienne. Il lui arrive parfois d’être quelque peu nostalgique de l'époque de son humanité où bon nombre de choses étaient bien plus évidentes et intéressantes mais il trouve tout de même des avantages à l’époque moderne.
<br /><pr># ANECDOTE 08 :</pr> Si l’on omet le fait que sortir en plein jour est quelque peu problématique dans sa condition (d'où un culte étrange pour les jours de pluie ou de brouillard), il est parfaitement satisfait de son état de vampire et apprécie grandement les nombreux aspects positifs inhérents à son espèce. Il lui paraîtrait ainsi totalement inconcevable de revenir à une situation, disons, plus humaine et délaisser le caractère quasi-divin (carrément divin dans son cas, disons-le clairement) qu’il est le sien désormais. Bien qu'il ait appris à réduire sa consommation, il continue d'apprécier plus par envie que par nécessité une belle débauche de sang. Il a, par ailleurs, ses périodes en ce qui concerne ses choix de victimes. Quand il en trouve une qui lui convient, il a toutefois tendance à y rester fidèle.
<br /><pr># ANECDOTE 09 :</pr> Il y a peu de personnes dont il peut se dire proche. Certains vous diront que c’est le cas mais à la vérité, bon nombre auront tort. Seul son frère peut réellement se targuer de posséder son affection inconditionnelle et débordante. Il n'a, en réalité, jamais connu de relation sérieuse que ça soit de son vivant comme dans sa vie vampirique. Sa confiance quant à elle est plutôt difficile à obtenir. Du reste, il vît sa condition divine de manière presque solitaire, bien qu’il ne soit pas souvent seul. Le fardeau des puissants vous dirait-il.
<br /><pr># ANECDOTE 10 :</pr> Businessman hors pair, il gère ses affaires d’une main de maître et les fait fructifier depuis des années avec succès. Il possède plusieurs établissements avec une préférence pour les boites de nuit, généralement sous différents pseudonymes. Il n’est pas rare qu’il utilise d’ailleurs son second prénom dans ces cas-là, à moins qu'il ne s'inspire de personnages de fiction qu'il adore. Il garde par ailleurs toujours un œil sur les affaires de son frère. </div></td></tr></table></div>

<id>LES DESCRIPTIFS</id><div class="life"><div class="blabla2"><pr># QUALITÉS & DÉFAUTS :</pr> S'il y a quelque chose à savoir le concernant, c'est qu'il ne fait pas dans la demi-mesure. Quelque peu extrême dans ses sentiments, quand il aime, c'est avec une ardeur folle. Si son attachement pour son frère aîné doit servir de preuve, tentez donc d'aller lui causer des ennuis et la réception risque d'être violente voire même sanguine au sens littéral du terme. De la même manière, quand il déteste, c'est d'une haine virulente et dévorante qui peut le rendre aisément cruel d'une manière qui l'amusera certainement.  Ardent, passionné, c'est une véritable diva mégalomane dotée d'un charisme écrasant dont il sait user à merveille. Il n'est pas impossible que bon nombre de ses traits viennent aussi de son éducation aristocratique dont il a conservé aujourd'hui encore de nombreux usages mais il est certain en tout cas que sa transformation n'y a rien arrangé et a plutôt même contribué à les accentuer. Leader-né, doué d'une autorité naturelle dont il n'hésite pas à faire usage, c'est un excellent stratège, manipulateur et calculateur sans la moindre vergogne. Opportuniste et ambitieux, mentir est même devenu au fil des ans une seconde nature et une arme parfois plus usitée et dangereuse que ses capacités surnaturelles. Egalement charmeur, il attire généralement ses victimes par son seul talent, rendant ainsi le jeu bien plus intéressant. Parce qu'au fond, cette vie-là est un jeu. En dépit de son âge plus qu'avancé, il conserve ainsi un côté enfantin, infatigable, joueur et particulièrement capricieux. Il n'aime rien tant que fanfaronner, se donner en spectacle et plaire. Indomptable, il peut paraître de prime abord, plutôt difficile à cerner, ce dont il joue et qui le rend singulièrement dangereux. Il aime être craint et la vénération qu'il impose à ses sujets est l'une de ses plus grandes satisfactions. Observateur et brillant, il possède une éloquence bien particulière qu'il pourvoie par une curiosité intarissable. Il est ainsi doté d'une culture rare qu'il prend soin d'entretenir et qui nourrit son esprit créatif et artistique. Il est par ailleurs, protecteur et possessif d'une jalousie presque maladive et d'une rancune tenace. Il peut même arriver parfois que ce côté excessif et presque désinvolte lui cause du tort. Il aurait bien du mal à s'en défaire pourtant et rares voire inexistants sont ceux qui ont pu le connaître autrement, moins fanfaron, moins provocateur, moins maniaque, plus calme en fin de compte. En différentes circonstances, il est cependant doué d'une tendresse rare qui le rend plutôt tactile.
</div>
<div class="sep"></div>
<pr># POUVOIRS :</pr> Ceux des vampires.
<res>SUPER FORCE</res> ▬ Comme tout vampire, il possède une force plus importante qu’un être humain ordinaire. Du fait de son âge, il parvient généralement à maîtriser sa progéniture et ses connaissances dans le combat au corps à corps ou les arts martiaux lui permettent d’en faire un usage plutôt dangereux.
<res>CROCS</res> ▬ Là encore, comme tout vampire, il possède des crocs rétractables qu’il vaut mieux ne pas avoir trop près de sa jugulaire. A moins bien sûr que ce soit totalement de son plein gré.
<res>SUPER VITESSE</res> ▬ Au même titre que sa force, sa vitesse est supérieure à celle d’un être humain. L’âge avançant, elle va de pair et tend à augmenter.
<res>SUPER AGILITÉ</res> ▬ Ayant toujours su se défendre, il était agile déjà au temps de l’humanité. Ce trait a bien entendu augmenté avec sa transformation. Il adore par ailleurs y avoir recours.
<res>SUPER-SENS</res> ▬ La vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat et même le goût. Tout y passe. Le goût n’est plus ce qu’il était pour des raisons évidentes mais il n’empêche qu’il est suffisamment développé pour qu’il ait ses préférences en terme de sang humain (comprenez dans la fleur de l'âge). Parmi les nombreuses améliorations apportées par sa nature, le développement de son ouïe fait partie de ses favorites, du fait de son intérêt tout particulier pour la musique. En revanche, cela ne rend les fausses notes que plus insupportables.
<res>IMMORTALITÉ</res> ▬ Comme tout bon vampire, il est insensible au passage du temps (ce qui lui convient très bien) et peut potentiellement vivre éternellement (ce qu'il compte bien faire).
<res>INVULNÉRABILITÉ</res> ▬ De son vivant, il avait déjà appris à bien supporter la douleur, cela s’est encore accentué après sa transformation. Du reste, il est semblable dans ce domaine à tous les autres de son espèce.
<res>REGENERATION</res> ▬ En écho aux deux précédents, on peut ainsi ajouter cet autre aspect plutôt avantageux de la condition vampirique.
<res>SUPER ENDURANCE</res> ▬ En tant que vampire, il se fatigue ainsi très peu, d’autant moins qu’il maîtrise depuis quelques années particulièrement bien sa faim. En revanche, cela a un inconvénient. Ne pouvant pas facilement se fatiguer, il s’ennuie très vite et il déteste ça.

<div class="sep"></div>
<pr># ARMES :</pr> Il possède un très bel arsenal d’armes bien caché qu’il a complété au fil des ans et qu’il serait trop long de détailler. Parmi les plus importantes et donc les plus usitées, il y a la rapière qui était la sienne de son vivant et qu'il a conservé. Il possède toujours à portée de main, généralement aux chevilles, deux poignards à double tranchant d’une trentaine de centimètre, frappés aux armoiries familiales. Il a aussi un vieux colt SAA, planqué sous son bureau et qu’il utilise rarement, n’appréciant pas particulièrement l’odeur (ou le goût) de la poudre. Du reste, ses compétences et ses capacités vampiriques suffisent généralement à faire le travail.
</div>
<div class="cc">SHADOW</div></div></center>


Dernière édition par Elijah Mikaelson le Mer 1 Juin - 20:42, édité 1 fois
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Elijah Mikaelson

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MessageSujet: Re: Fiche de Présentation (Eliott d'Arundel)   Mar 31 Mai - 21:41

La nuit était suave. Doucereuse. Presque légère. L'air semblait vouloir entremêler le suffoquant et une fraîcheur toute particulière. Il y prêtait peu d'attention pourtant. Le temps n'était pas aux réflexions, ni même aux observations. Il était aux célébrations. A la vie, incessante, virevoltante. Entêtante comme bercée par une musique bien en elle à peine audible au commun des mortels. Il l'entendait cependant. Du moins, il la sentait. Vibrante tout autour de lui, ne le pressant que d'une chose. Embrasser la nuit et l'existence. Respirer le parfum du vent et les effluves distingués de la Cour. Il allait être en retard. Il le savait. Le valet n'avait eu de cesse de le presser mais il n'en avait que faire. Il se devait de soigner son entrée. Et les rois n'étaient de toute manière jamais en retard. C'était le peuple qui était en avance. Oh, il n'était pas un roi. Il y en avait déjà bien un mais il était loin d'appartenir à son sang. Il n'en avait cure toutefois. S'il n'était pas roi dans ce royaume, il l'était dans son univers. C'était amplement suffisant. Y croire, épouser chaque parcelle de l'idée le satisfaisait, il devait juste s'en convaincre. Il avait demandé au chauffeur de ne pas toucher les ouvertures. Il voulait pouvoir sentir l'air de la nuit et le vent chatoyant dans l'habitacle même de la voiture. Respirer lentement, s'imprégner encore et toujours du goût si caractéristique de la capitale britannique. L'heure était avancée. La fête battait sans doute déjà son plein mais elle n'était pas complète, pas encore, pas sans lui. Il aimait cette idée. Cette pensée lui fit naître un sourire. Il serait bien difficile de rentrer au domaine. Il le faudrait pourtant un jour ou l'autre. Il n'était pas spécialement prompt à le faire. Il le faudrait pourtant. Ne serait-ce que pour revoir son frère, son cher Melchior. Il avait hâte de pouvoir lui offrir le récit de sa vie londonienne autrement que par ses lettres. Il voulait le lui transmettre non seulement par ses mots mais aussi par sa voix, par ses gestes. Lui offrir un spectacle qui serait digne de rendre compte de la vie, ici, tellement loin de la maison. Mais pour pouvoir conter, il fallait d'abord vivre et il comptait le faire. Laquelle allait-il attirer dans ses filets ce soir-là ? A laquelle allait-il pouvoir compter ses nombreux talents en vue peut-être de lui offrir l'exclusivité de quelques-uns ? Le jeu l'amusait déjà. Le temps lui parût soudain long. Il avait envie d'arriver. Il se retint, par ailleurs, d'une remarque au chauffeur. Il préférait le garder dans ses bonnes grâces. Pour plus tard. Celui-ci marqua un arrêt pourtant. Il leva les sourcils au ciel, surpris, commença à observer à l'extérieur avant d'envisager de lui demander pourquoi donc il s'était arrêté. Il pouvait le voir. Ils n'étaient pas encore arrivés. Son interrogation lui resta cependant en travers de la gorge en même temps que sa voix. Le son qu'il venait d'entendre n'avait rien d'humain. C'était un cri d'homme pourtant mais il était loin de le sembler tant il était déformé. L'effroi le saisit et l'hésitation avec lui. La marche à suivre lui échappait. S'échapper pourtant paraissait être une bonne option. Mais comment la saisir ? Ils allaient venir pour lui. Il le savait. Mais qui étaient-ils ? Était-il visé ? Il se surprit à passer en revue dans sa tête la liste des individus qu'il avait pu irriter récemment. Aucun ne lui venait pour justifier la situation dans laquelle il se trouvait. A moins qu'il n'ait touché à la personne de trop. Depuis quand il était interdit de se servir ? Il connaissait déjà la réponse et n'avait pas vraiment besoin que sa maudite conscience la lui rappelle. Le problème en l'occurrence était autre et surtout bien plus urgent. Il ne savait toujours pas comment agir. Devait-il se faire discret, tenter de fuir ? Aucune de ses idées ne semblait pourtant vraiment l'aider. Il était coincé. Effroyablement coincé. Il espérait qu'ils ne soient pas trop nombreux. Il saurait se défendre, à condition de ne pas faire face à une armée. Peut-être devrait-il faire ce choix alors ? Celui de l'attaque plutôt que de la fuite. Depuis quand les d'Arundel envisageaient-ils la fuite de toute manière ? Il se sentait soudainement sot. Il ignorait combien de temps était passé depuis qu'il s'était perdu dans ses réflexions. Une demi-seconde, peut-être deux, à moins que les minutes n'aient choisi de défiler. Non, c'était peu probable. Ce temps avait été trop long en tout cas. A peine avait-il décidé de sortir que le choix lui fut ôté. Mais l'accueil à la sortie était loin d'être celui qu'il attendait. Un homme. Seul. Non, pas un homme. Définitivement pas un homme. Mais quoi alors ? Il s'apprêtait à l'interroger mais avant qu'un mot n'ait pu franchir ses lèvres, il s'était saisi de sa jugulaire.

Le brouillard. Un grésillement incessant; éreintant. Une lumière bien trop vive. L'éclat perdu dans les monceaux de poussière éparpillés de l'air. A moins que ça ne soit des plumes. Des nuages alors ? Le bruit. Comme un cri. Non, un murmure. L'écho qui résonnait puis se perdait. L'étau qui se refermait puis s'étirait. La musique de la pluie. Non, du sang. Comme une palpitation. Les couleurs manquaient. Absentes. Du noir, du gris, du blanc. Était-ce du rouge ? Faisait-il jour, nuit ? Nuit. Il faisait nuit. La voix était muette. La gorge sèche. Le parfum était âpre. Désagréable. Agressif. Merveilleux. Des parcelles de verre. A moins que ce ne fusse du diamant. Et le grésillement incessant. Perdu dans la musique. Une mélodie douce comme du piano. Non, pas du piano. Le flot dans les tempes. Sourd. Assourdissant. Les hurlements s'échappèrent. Réels ou pas réels ? Non. Vivants ou morts ? Vivant ou mort ? Et soudain l'encre noire. Et le silence.

Les murs étaient humides. Froids. Confortables. Il jouait avec les chaînes accrochées à leur portant. Elles n'étaient pas les siennes. Pourquoi le serait-il ? Il n'avait nul besoin de chaîne. Il était libre. L'était-il ? Parfois les souvenirs étaient là. Puis ils repartaient. Ils étaient doux, attendrissants. Étaient-ils vraiment les siens ? Il préférait ne pas y penser. Ces chaînes. Il les haïssait. Toutes. La colère vint saisir ses membres et le désespoir avec elle. Quelque chose lui échappait mais quoi ? Depuis combien de temps était-il là ? Enfermé là pour lui ? Il avait perdu le compte de jours, des heures. L'horloge n'était plus sur ce mur depuis longtemps. Combien de temps ? Peut-être un an, peut-être deux. Peut-être un mois ou quelques semaines. Qu'importe au fond. Le monde avait sans doute oublié son nom.

Il avait fini par arriver. Son cher ami. Ami ? Il n'arrivait pas encore à se décider sur le terme. Il avait besoin de lui. Il avait toujours besoin de lui. Rectification. Il avait besoin de son sang. Il en était presque flatté. Il en était flatté. Une part de lui aurait préféré vivre pourtant. Observer encore un peu la lumière du jour. Pourquoi devaient-ils être deux à en être privé ? Il s'en satisfaisait pourtant. Un peu. Parfois. Souvent. La sensation n'était pas nouvelle. Elle ne faisait presque rien. Elle était différente cette nuit-là pourtant. Elle était promesse. Il allait enfin être libre. Libre d'être vivant. Libre d'être mort. Et ses lèvres alors affichèrent un temps un sourire de triomphe.

La douleur avait été saisissante. Vibrante. Insupportable. Le son était strident. Violent. Vivant. La voix était muette. Trop chargée. Et puis les heures, les heures. La pluie. Non, le vent. Le feu. Le feu sans cesse. Ardent, inextricable. Là, toujours là. L'embrasement. La couleur de la lumière. Quelle couleur ? Le flou. La toile blanche. Le brouillard. Encore. Différent. Et les heures, les heures. Une minute, peut-être deux. Il le sentait. Il le sentait. Fuir, partir, l'abandonner. Puis revenir. Autrement. Plus morte que vivante. Juste la vie. Juste le monde. Son monde. Pleuvait-il ? Le sang continuait de battre. Puis de sombrer. Les odeurs étaient là sans l'être. Il aurait été incapable de les définir. La douleur refusait de s'échapper. Les pensées implosèrent. Le souffle se hacha. Le temps se fit sourd et l'éclat du jour finit de s'éteindre dans la prunelle de ses yeux.

Tout était. Vivant. Effroyablement vivant. Les couleurs. Les sons. Les matières. Et la lumière. La lumière aveuglante était plus belle que jamais. Il était mort mais il se sentait vivant. L'énergie était nouvelle, traversant chaque centimètre carré de son corps. Et il était plus beau que jamais. Il s'était toujours considéré plus beau que la moyenne. Mais cette fois, l'artiste semblait s'être surpassé. Il n'y avait aucun regret dans ses gestes, dans ses pensées. Il était là. Brillant et beau. Il n'eut pas le temps de s'en occuper pourtant. La gorge était sèche. Brûlante. L'esprit confus, comme assourdi. Il avait perdu le compte des lieux, des nuits. Le bruit le surprit. Il se tourna vivement. Trop vivement peut-être. Il n'en perdit pas l'équilibre pour autant. Quelque chose n'allait pas. Il n'aurait su dire quoi. Un regard paniqué croisa le sien. De quoi pouvait-Il donc être si effrayé ? Avait-il manqué quelque chose ? Impossible. A moins que. Le bruit se fit plus présent, plus sourd. Et puis il comprit. Il se prit un mur, au passage. Fuit. Pourquoi ? Il observa les alentours, ses idées trop confuses pour lui venir en aide. Il ne comprenait pas. Il détestait ne pas comprendre. La soif pourtant. Ce tiraillement. C'était loin d'être le moment. Il le savait. Alors pourquoi ? Il les vît alors. Combien étaient-ils ? Il les comptait mais perdait le nombre. Il paniqua. Pourquoi ? L'incompréhension toujours et la lassitude. Avant qu'elle ne meure presque aussitôt. Les circonstances ne s'y prêtaient guère. C'était une attaque. Ses gestes le perdirent cependant, aussi rapides que ses pensées, si ce n'était plus. Il n'aurait su le dire. Il flairait le danger toutefois. Il devait le rejoindre. Il avait besoin de Lui. Il n'avait plus que Lui. Non, c'était faux. C'était vrai, c'était désespérément et merveilleusement vrai. Il n'avait plus personne. La sentence vint le frapper aussi violemment que la hache avait tranché la tête dans l'air. Non, pas la sienne. Celle de son Maître. Mais la sienne n'allait pas tarder à suivre, il le savait. Il fuit alors. Mais où ? Il en trouva d'autres, massacra ceux qu'il put à moins qu'ils ne soient vivants encore. Il n'en avait que faire. Il les voulait morts. Mais il n'était pas encore mort. Pas tout à fait. La nuit le frappa soudain. Ou était-il ? Ou allait-il ? Un nom vînt l'éclairer d'une étincelle. Il savait.

Le désespoir. Il le sentait. Il le sentait saisir chaque centimètre carré de sa peau et de son âme. Ou était le temps ? Passait-il vraiment ? La panique avait pris possession de ses membres plus tôt qu'il ne l'aurait voulu. La fuite. Mais pour aller où ? L'évidence l'avait frappé mais que lui promettait-elle ? L'oubli ? Le désarroi ? L'idée même qu'il ait pu l'oublier lui paraissait inconcevable et pourtant. Elle était là, bien présente, sournoise et douloureuse, tapie dans l'ombre prête à dévorer ce cœur qui avait cessé de battre. Pourrait-il seulement la supporter si elle s'avérait vraie ? Il préférait ne pas y penser. Ne pas penser. Sa raison semblait l'avoir quitté en même temps que son audace. Cette crainte irrationnelle. D'où venait-elle ? Il la haïssait. Il la haïssait tellement. Elle le rendait faible. La lucidité le rendait faible. Le réveil, s'il en était un, était douloureux. Mais un réveil de quoi ? Qu'avait-il manqué ? Que lui avait-il échappé ? Le flot de ses pensées dépassait la norme. Il n'aurait su dire pourquoi. Une part de lui le savait pourtant. Mais elle semblait ensevelie sous les ruines d'une vie qui fut sienne et que la nuit avait éteinte. L'encre du ciel en d'autres circonstances lui aurait paru belle mais il n'y prêtait guère attention. Il ignorait où il allait mais ses pas semblaient le savoir pour lui. Son esprit était donc libre de se perdre dans des méandres ténébreuses. Libre. Ce terme avait-il encore un sens ? De quoi était-il l'esclave ? En avait-il été un ? La vérité l'effrayait bien plus encore que sa réalité. Qu'allait-il faire ? Que devait-il faire ? Il espérait que celui qu'il souhaitait rejoindre pourrait lui offrir des réponses. L'attention fut saisie, ailleurs. Vers une odeur. Un parfum. Entêtant. Magnifique. La gorge avait pris le parti des flammes et sa raison, somme toute, absente semblait éteinte plus encore. L'étincelle de lucidité. Le sourire de triomphe. Puis le désespoir. Encore. Plus grand encore. Il aurait voulu briser ses traits sur le reflet de la vitre, à moins que ça ne fusse un miroir. La fuite, encore. Pourquoi ? Pourquoi fuyait-il ? L'idée le rendait fou mais pas autant que l'effroi. L'aube vint à naître et lui brûla les rétines avec incompréhension. Il en évita donc la lumière. L'éclat en était douloureux. L'épuisement l'attrapa et la faim vint aussi. Non, la soif. Les murmures refusaient de se taire. Les grésillements de résonner. Il eut envie de hurler. Il ne parvint qu'à s'écorcher la gorge. Le goût, cette fois, lui déplut quelque peu. Et puis la fin. L'envie de tout taire. De se taire. Et d'oublier.

La pluie avait fini par arriver, maquillant le ciel et oubliant les rayons de l'astre. Il tremblait encore mais les murmures avaient pris fin. Ils reviendraient, il le savait. Tout comme la soif. La soif. Il ne devait pas y penser. L'oublier. Juste avancer. Juste continuer. Encore. Encore un peu. La nuit n'était plus très loin.
Elle ne l'était pas en effet. Ni même les lieux qu'il avait désiré. La lune vint les éclairer et la lueur de faire naître d'inexistantes larmes au creux de ses prunelles. Son palpitant avait cessé de battre mais le silence de l'endroit ne manqua pas d'en rendre compte. D'autres battaient en revanche. Le sien peut-être. Il se surprit à vouloir arpenter les murs qu'il connaissait par cœur. Combien de temps ? Le compte lui manquait. D'une certaine manière, il l'effrayait. Ses pas si agiles et si rapides désormais se firent soudainement lents, doux. Plus silencieux que l'aurore. Il franchit le pas de la porte sans même s'en rendre compte. La nuit avait prit possession du domaine et le silence n'était rompu que par la mélodie de quelques cœurs. L'odeur le frappa de plein fouet. Celle des veines, celle de la poussière, celle du temps, du passé. De son vivant. Parce qu'il était mort n'est-ce-pas ? Il le savait, le sentait, le ressentait et le vivait sans être capable de le vivre. Comment pouvait-il vivre sans vivre ? L'idée le dépassait puis lui parut évidente. Le frisson ne lâcha pas ses membres et ses doigts fins tracèrent les lignes des ouvrages jusqu'aux livres de la grande bibliothèque. Cette pièce était belle. Chauffée mais il aurait été toujours froid. Pourquoi était-il là ? Qu'espérait-il vraiment ? Mourir encore ou tenter de vivre ? Comprendre peut-être. S'offrir autre chose. Il se sentait si faible pourtant. La soif en dépit de sa volonté le tenaillait. Sans doute, faudrait-il mieux fuir, revenir plus tard ou jamais. Il se détestait. Détestait sa faiblesse et sa lâcheté. Qu'était-il devenu ? Ou était-il lui, l'homme qui avait grandi sous ces toits ? Le froid, le froid, le froid. Il avait si froid. Pourquoi ? Une autre mélodie vint s'ajouter aux autres, détournant son attention. Était-ce le sien ? Se pouvait-il que ? Il était trop tard pour reculer, il était temps de cesser. Si quelqu'un pouvait lui rendre vie, du moins en son âme, c'était bien lui.
Tapi dans l'ombre, il laissa son nom franchir ses lèvres dans un murmure. Il craignait de l'effrayer. Il vît alors. Le temps ne l'avait pas épargné. Combien d'années ? Le compte l'effraya plus encore et il se refusa à y penser. Il était là. Son cher frère. Il réalisa soudain avec quel point il lui avait manqué. Il s'approcha encore, renouvela son nom dans un souffle.
Il ne fallait pas qu'il s'approche. Non. Il le sentait. Il la sentait. Cette soif. Indélébile. Effroyablement ardente. Non. Pas maintenant. Pas cette fois. Les interrogations de son frère le frappèrent soudainement comme le souvenir lointain de sa voix lui parût appartenir à une autre vie. Il le vît s'avancer. Non. Non. Je t'en prie. Je t'en prie. Il recula d'un feulement qui le surprit et l'arrêta soudain.
« Non ! N’approche pas ! »
Je t'en prie, je t'en prie. Pas toi. Pas comme ça. Pardonne-moi.
Qu'était-il venu chercher ? Il avait besoin de lui, de réponses, de comprendre. D'oublier. De fuir. De rester. Il le fixa une seconde, puis lui révéla l'évidence. Dis-moi, Melchior. Dis-moi.
« Aide-moi. »
Il masqua ce qu'il était devenu, comme réveillé. Le risque était trop grand. Qu'avait-il fait ? Il eut ses mots. Ses mots qu'il avait tant espéré. Mais devait-il vraiment y croire ? Aussi grand puisse-t-il être pouvait-il réellement lui venir en aide ? Il avait besoin de croire. Juste une seconde. Une demi-seconde de répit. Avant la fin. La dalle craqua. Il s'était approché. C'était terminé. La mort prit le dessus pour assassiner la raison et la soif pour sceller son monde.

De l'encre. Pourpre. Dans le creux des prunelles. Au travers des murs. Des couleurs. Sans éclat. Sombres et froides comme le crépuscule. Du noir, du gris, du sang. Un souffle. Puis un battement. Un qui s'éteignait. Puis un autre. Puis un autre. Le flou. Le vide. Le froid. La fin. Le désespoir. Puis le silence. La nuit. Encore. Encore un peu. Puis la lune. Ocre. Noire de la nuit et morte. Des brins. Des étincelles. Le jour était loin. Encore un peu. Encore un. La folie. Juste la folie. Le désespoir. La rage. L'agonie. Il avait été le premier mais les autres suivirent. Un puis un puis un. Les cris. Les voix. Les sons incessants. Un chuchotement, bourdonnant et puis qui grince. Tout résonnait. Tout hurlait. Tout l'agonisait. Si la vie était morte, l'humanité l'était avec elle. Chaque lieu. Chaque vie. Chaque pièce. Chaque corps. Tout était là. Comme avant. Si différent. Si clair. Il était aveugle pourtant. Le moindre souvenir. Puis les ténèbres. Ardentes. Brillantes. Plus vivantes que l'infime parcelle d'un monde qu'il avait quitté depuis trop longtemps. Et puis l'encre. Encore. Toujours. Plus écarlate. Plus sombre. Plus douloureuse. La faim. La soif. Encore. Toujours. Pourquoi ? Sans réponse. L'homme était éteint. Enfin. Les murmures avaient cessé, avaient laissé place aux cris d'effroi. Mais pas les siens. Le silence les réduisait au songe. Comme l'unique flamme tendait à s'éteindre. Pourquoi ? Comment ? Qu'était-il ? Ou était-il ? Qu'importe. Il était là. Il était absent. Loin du vivant. Nulle étincelle. Juste un rictus. Comme un réveil. Un appel. Celui du noir, celui de la nuit. Le désespoir n'était plus. Il n'était plus. Ne restait que le froid. Le froid mordant. Et la pluie. Du cristal, du sang. A moins que ça ne soit du verre. La musique. Incessante. Un battement, juste un battement. Des grésillements. Puis une ombre. Le sourire accroché aux lèvres. Et puis la fin. Juste la fin. Le froid. La glace. Le frisson saisissant. Il s'effondra. Sans comprendre. Agonisant. Vivant. Sale. Animal. La lumière revint. Peu à peu. Le jour était encore loin. Mais pas lui. Plus maintenant. Qu'avait-il fait ? L'horreur le prit. Figée. Un regard sur ses doigts. Fins. Ils n'avaient plus rien d'humain. Que restait-il alors ? Il se releva, lentement, trébuchant presque. La réalité le frappa. Il suffoqua. La peur soudain. A chaque corps. Chaque silhouette. Chaque goutte de sang qui peinturait les murs. Il accéléra. Pas lui, pitié, pas lui. Il le retrouva. Là où il l'avait laissé. Non. Non. Non Non. Il s'approcha. Lentement. Repu. Dégoûté de lui-même. Saisit ses doigts. Un battement. Encore. Rêvait-il ? Non. Pas cette fois. Il était la seule mélodie des lieux. Le dernier brin de vie. Il n'aurait su expliquer comment. La nuit lui revint, l'horrifiant peu à peu. Qu'était-il devenu ? Il le savait. Bien sûr qu'il le savait. C'était terminé. Il n'était plus homme. Depuis longtemps. Plus maintenant. Il avait écrit la fin. Marqué d'une lettre de sang l'épilogue de l'histoire. De cette histoire. Il le quitta une seconde. Il devait vivre. Au moins vivre, quitte à mourir. Comme lui. Avec lui. Ils trouveraient. Ils trouvaient toujours. Ils était eux. Désormais seuls contre le monde. Comme dans un rêve d'enfant. Presque comme avant.

La nuit était poreuse, presque fraîche mais non dénuée de couleurs. Chaque note, chaque saveur semblait vouloir offrir une autre trace de leur passage. Marquée leurs esprits comme pour signifier toujours ce que cet instant voulait dire. Les flots étaient calmes mais il les sentait impatients, comme vivants. Ce qu'ils étaient sans doute tant le monde paraissait ouvrir un champ des possibles indéfinissables. Les rayons du soleil avaient enfin quitté l'horizon et le vent incessant et sauvage ne cessait de lui procurer le sentiment que la liberté était enfin sienne. Et que le monde, le monde alors pourrait l'être peut-être un jour aussi. L'idée lui fit naître un sourire. Le compte des ans avait cessé d'avoir prise sur lui, aussi avait-il décidé de ne plus le faire. Quel intérêt au fond. L'éternité n'avait pas d'âge. Plusieurs mois étaient passés pourtant depuis qu'il avait quitté la faible nature des hommes, plusieurs années même. Passées à vivre, à errer, à comprendre enfin que sa malédiction n'en était pas une, loin de là. Il avait appris à l'embrasser, à en épouser la moindre nouveauté, la moindre étincelle de perfection qui le rendait encore plus incroyable qu'il ne l'était auparavant. A la comparaison au fond, il pouvait même en venir à dédaigner sa prime nature. Il se savait né pour mourir comme tout homme mais il aurait du se douter qu'elle signifierait alors une autre vie, bien meilleure encore. Au fil des lieux et des moments cependant, la lassitude l'avait gagnée. L'Europe avait beau être le berceau du monde et de sa lumière, elle lui avait paru soudainement si succincte. Il avait besoin de grandeur, de démesure, de renouveau à son image. Et il savait qu'il ne trouvera pas dans le lieu de son humanité. Aussi, avait-il fini par céder. A la tentation, à l'appel du monde et de sa profusion. A la beauté fauve et singulière de la vie de l'autre côté. L'esprit vagabondait au rythme des flots, impatient et insatiable. Il avait hâte de vivre, d'observer, de goûter, de noircir des milliers de lettres juste pour pouvoir tout détailler. Il regrettait quelque peu que son frère ne le suivait pas encore mais ça n'était que partie remise, il le savait. Il comptait bien continuer de le harceler à son affectueuse manière de mots et de couleurs, aussi vifs que le parfum qui saisissait déjà chacun de ses sens . L'aube approchait mais tout allait bien encore. A la fin du jour, il le savait, il pourrait enfin embrasser son inéluctable destinée.

Le temps était âpre, suffoquant. Difficile à appréhender. Les lumières étaient vives, trop vives, la folie à toutes les portes. Le flot, le flot sans cesse. La foule, le monde, c'était étouffant, c'était brillant, électrisant. Tout était grand, tout était ocre, tout était flou et pourtant si net. Il respirait d'un souffle inutile, juste pour saisir les moindres nuées de cristal, les moindres éclats d'artifice et le parfum de la peinture démesurée qui ornait les murs. C'était un autre, c'était autre. Si différent, si grand. Rien ne lui appartenait pourtant. Le charme était là, bien vivant mais le rêve n'était pas. Pas encore. La beauté des uns, la volupté des autres. Rien en ces lieux ne semblait appartenir au monde des hommes. C'était le leur. Celui des créatures de l'ombre; celui de la nuit, des sortilèges et des hurlements de la pluie. Le temps était âpre encore mais il avait passé. New-York était belle mais la lune d'argent y était trop froide. La Nouvelle Orléans était merveilleuse. Folle et enchanteresse. Mais elle n'était pas sienne. Il lui fallait poursuivre sa route alors vers des nouveaux lieux. Il avait l'éternité pour trouver la place, pour trouver l'éclat de la grandeur qui était sienne et elle semblait à portée de main.

Imprenable, comme l'éternité. Les flots martelaient les rivages et semblaient s'ouvrir sur le monde de l'autre côté. Si c'était si loin du sien, si loin des ombres et de la bienséance de sa société. Les heures étaient encore peu nombreuses mais il pouvait déjà les sentir. Les effluves d'un autre chose, d'un autre part, d'une autre idée. La vue était là et il ne l'avait pas quitté. Il renvoya les hommes qu'il emmenait avec lui pour perdre son regard et le creux de ses prunelles dans le dessin qui rêvait de tracer de ses doigts. Il le sentait mentalement. Il sentait les couleurs, ressentait les formes, imaginait chaque trait et appréciait chaque ombre. La lumière était celle de la nuit mais la nuit était sienne. Elle avait perdu la teinte du noir, il y avait bien longtemps. Elle était à l'opposé en réalité. Elle était blanche, rouge, dorée et verte. Elle était pourpre, nuancée, brillante et intarissable. Les échos de la pluie lui offraient parfois des brins des étoiles et rendaient les murs aussi brillants que le cristal. Cette nuit-là, la vue était infinie. Il avait l'étrange sentiment que l'éternité seule ne suffirait à en rendre l'écrin et la réalité. Etrange sentiment s'il en était. Il était terrifiant. Grisant. Le sourire qui avait pris ses pas sur ses lèvres était déterminé à le rester. Il savait.
Il savait.
Cette nuit-là, il resta à contempler le rivage et puis quand l'aube vint faire naître d'autres images; il s'enferma dans une chambre miteuse des vieux quartiers. Et il noircit les lettres. Une par une, chacune après une nouvelle. Il marqua les pages, tenta de décrire, d'exprimer par des mots qui, après tant d'années semblait étrangement lui manquaient l'épiphanie qui avait la sienne. Il ne termina pas sa lettre. Pas ce jour-là en tout cas. La nuit revint et ses horizons avec elle. Il la saisit alors et commença sa plus belle oeuvre.
Parce qu'à l'aurore quand il aura terminé ses manuscrits, il les enverra vers l'Europe, il leur fera quitter San Francisco pour le joindre, lui. Pour le ramener à la maison. Pour les ramener auprès de lui. Parce que ces lieux allaient être à eux et ils y auront enfin le règne des dieux.

Le chaos. Absolu. La nature s'était retournée contre les hommes et le faisait payer au prix fort. Le malheur s'il en était un ne pouvait qu'être divin. Et dire qu'il avait cessé de croire en un autre dieu que lui-même. Difficile de l'ignorer pourtant. La poussière, les éclats, les bruits assourdissants et la chaleur interminable. Le souffle, encore et encore. L'effondrement puis l'assourdissement. Les tympans qui vrillaient sans cesse, à le rendre sourd. L'aveuglement, encore. Et les éclats, les éclats. Les tempêtes d'ondes et la colère du vent. Le vent qui avait pris la fuite et la rosée avec lui. Des cris, des hurlements, des murmures puis des râles. Des palpitations, une puis une puis une. Il s'effondra. Les genoux martelant le sol et les échos encore. Incessants, insupportables. Insurmontables. La folie guettait et le chaos faisait sien de toute trace. Les poumons étaient emplis. Inutiles mais suffocants. L'air aveuglait le monde et tout ce qui pouvait les rendre exceptionnel était dérisoire. L'Enfer avait ouvert ses portes. Il ne pouvait le penser autrement. Les hurlements se perdaient dans le flou et il s'en trouvait presque aphone. Le brouillard. La douleur sourde. Et puis les flammes et le silence.

Tout avait commencé plus tôt aux premières heures du jour. La Terre avait vibré, transperçant tout sur son passage. Les éclats de l'astre n'étaient pas encore là tout à fait mais la surprise avait été réelle. Une minute à peine. Mais une éternité. Il avait du rassurer les uns, les autres, ça n'était rien. Ca arrivait. Ca n'avait pas été rien pourtant, il l'avait su , il l'avait senti. Chaque infime parcelle de son corps avait paru pouvoir ressentir les nuances dans l'air et dans la mélodie du monde. Il résonnait. Il n'aurait pas pu. Puis le choc était revenu, encore. Plus fort que le précédent, ruinant sur son passage. Il avait vu la peur saisir leurs regards et puis la chute. Les structures qui cédaient, les lieux qui se taisaient, le monde qui s'arrêtait et les corps qui se heurtaient, soudainement écrasés. Les cris étaient nés sous les décombres. Les ordres avaient fusé, sans la compréhension pourtant. La sanité d'esprit leur avait manqué encore. Il s'était relevé bien vite mais les dommages étaient loin d'être terminés. Le jour arrivait en grandes pompes et ils étaient exposés sur la loupe. La vivacité du soleil pourtant fut bien le dernier de leurs soucis.

Ce fut la douleur qui le réveilla tant elle avait saisi ses membres. L'accalmie avait duré à peine quelques seconde mais elle avait déjà été trop longue. Le brasier menaçait de le réduire à l'état de poussière mais il était plus rapide qu'elle. Pour le moment. Ce brasier-là n'était que peu finalement comparée à celui qui pénétrait sa gorge. La brûlure était insupportable. Incessante. Ardente. Des décades étaient passées depuis qu'il avait connu telle ardeur. Il allait devoir la laisser de côté pourtant. Pour le moment. La ruine était infinie. Partout des échos, des hordes de sable, à moins que ça ne soit de la poussière, des clameurs, des gémissements, des silences insupportables et des vapeurs culminantes. La douleur qui lui perçait les tempes menaçaient de le faire s'écrouler à nouveau. Il devait penser pourtant. Réfléchir. Comprendre. Penser. Juste penser. Les tressaillements de ses membres l'effrayèrent une seconde. Mais il savait. A mesure que son esprit retrouvait de sa raison et de sa vivacité, il comprenait. Il saisissait. Puis soudainement, il s’inquiéta. Pour lui. Pour son frère. Où était-il ? Il avait d'autres rôles, d'autres pensées à avoir mais c'était la seule qui lui paraissait sensée. Il devait le trouver. Ses pas tressautants se firent plus vifs, plus ordinaires à son extraordinaire. Il ne le trouva pas pourtant. L’inquiétude plus que la douleur manqua de lui serrer un cœur qui avait cessé de battre depuis bien longtemps. Vingt ans à peine. Était-ce donc le seul répit auquel il aurait droit ? Bientôt pourtant, il ne put ignorer davantage ce qui était sous ses yeux. Les membres mutilés, les peaux calcinées et l'odeur des flammes qui manquait de tout embraser. Il tomba sur l'un de ses hommes et la vue manqua de le dévorer. Il saisit ses mots sans les entendre, comprit le fil de ses pensées sans avoir à les lire, sut où était son esprit sans avoir à le lui demander. Il sut alors ce que cela voulait dire. Il sut aussi qu'en d'autres circonstances, il aurait pu. Mais pas ici. Mais pas dans le chaos déchaîné qui réduisait ces terres à néant. Lui-même aurait été incapable de faire cesser sa douleur, il savait que sont temps lui était compté. Les braises le consumèrent avant qu'il n'ait pu les arrêter. Il connaissait l'existence des créatures du feu. Etait-ce l'une d'entre elles ? Devait-il blâmer l'une d'elles pour la destruction qui l'entourait ? Elle était si étendue pourtant, si étendue. Il pouvait la sentir, l'entendre. Les cris, les agonies, les supplications. Les fumées étaient si hautes qu'elles masquaient presque le ciel. Le jour était là, pourtant. Mais où allait ? Tout n'était que cendres, ardeur et désespoir. Il repensa soudainement à son frère et se remit aussitôt sur ses traces mais elles étaient illisibles. Il ne parvenait pas à saisir, pas même à comprendre. Il finit par le trouver et s'autorisa presque humainement à respirer. Que faire pourtant désormais ? Damian était mort mais qu'en était-il des autres ? Qui restait-il ? Que restait-il ? L'éternité lui parût longue et les interrogations avec elle. Il se mit en quête des uns puis des autres, s'effondra à nouveau. Peut-être allait-il y rester cette fois. Peut-être devait-il se faire à l'idée. Il s'y refusait pourtant. C'était inconcevable. Irréaliste. C'était réel. Effroyablement réel.  La pensée s'ancra en lui et l'effroi avec elle. Il regarda son frère et pensa au seul regret qu'il n'eut jamais vraiment eu. Ce qu'il lui avait fait. Il avait tenté de se faire pardonner des milliers de fois au fil des années si jamais le lui demander. Il ne voulait pas prendre le risque de s'éteindre sans le faire pourtant. Ce furent alors les seuls mots qui franchirent ses lèvres. Comme dans un murmure. Pardon. Juste, pardon. Pour tout. Pour toi. Pour elle. Pour ça. Pour la mort. Pour la déception. Pour l’inquiétude. Pour la désillusion. Pour lui. Pour tout. Pour ça. Pour toi. Juste pour toi.
Juste pour toi.
Le chaos dura trois jours encore, réduisant la ville en cendres et les vies avec elle. Quand il finit par reprendre conscience d'autre chose que du brouillard, cette nuit-là, il ne trouva que poussière. Les survivants se comptaient des bouts de doigts et le vide qui l'envahit soudainement manqua de le faire suffoquer. Il était là, pourtant. Ils étaient là. Presque seuls contre le monde mais là. L'histoire n'était pas finie alors, ni le rêve avec elle. Des cendres renaissaient des vies, parfois des espoirs. Il n'avait pas perdu le sien et comptait bien encore y croire. L'éternité s'étendait encore.  

L'air était électrique, les échos des hommes déchaînés. C'était vivifiant, électrisant. Jouissif. La mélodie flottait dans l'air et les palpitements envahissaient la pièce d'une musique plus douce encore. Le sourire carnassier qui était le sien ne quittait pas ses lèvres. Il évoluait entre les étoffes cristallines et pourpre comme le sang, observant les uns, les autres, appréciant la beauté fragile et éphémère de l'humanité. L'alcool coulait à flots et il pouvait sentir les moindres nuances dans les effluves du vent. Il les goûta sur le bout de la langue. La soif manquait presque de naître dans sa gorge. La tentation était partout mais elle n'était pas son but, pas ce soir-là. Plus tard peut-être quand tout se serait passé selon son idée. Il avait hâte de pouvoir en converser plus en avant avec Melchior mais pour l'heure, il devait concentrer son esprit. Il savait déjà exactement comment cela allait évoluer. Les humains étaient si prévisibles, plus encore selon les circonstances. Les lieux étaient plaisants, bien qu'un peu trop aseptisés de son point de vue. La fumée vint cueillir son palais et il aurait pu en reconnaître la teneur entre milles. Parfait, il était à l'heure. Il aperçut bientôt sa silhouette et puis voir la nervosité qui saisissait déjà ses doigts dans l'expectative. Comme c'était adorable. Il avait raison en fin de compte. Prévisible. Ce soir-là cependant, il n'était pas décidé à être charmant. Il put voir les pupilles se rétrécir comme peau de chagrin quand il l'aperçut enfin, déclenchant aussitôt un nouveau sourire qui n'avait rien d'enjoué.
"Bonsoir Alan."
"Monsieur d'Arundel. Vous ... vous êtes à l'heure"
"Quand l'envie m'en prend."
"Que, que puis-je faire pour vous ce soir, Monsieur d'Arundel ?"
"Oh, Alan, je crois que tu sais exactement ce que tu peux faire pour moi."
"Vrai..vraiment ?"
"Tu es sûr de vouloir jouer à ce jeu-là avec moi ?"
Il put voir la sueur, le frisson parcourir ses pores libidineux, ses doigts tremblants et son pouls, oh son pouls, délicieusement outrancier.
"Je ... je ne sais pas, Monsieur."
"Oh, Alan, mauvaise réponse."
S'approchant lentement, la voix menaçante dans un murmure.
"Tu vas faire exactement ce que je vais te dire ou "
"Ou ?"
"Oh, je suis persuadé que tu sais"
Il s'approcha encore, ressentant presque la moindre émanation somme toute désagréable qu'il pouvait engendrer mais qu'importe. La guerre était terminée et elle avait été plus que prolifique. Les affaires n'avaient été aussi fécondes et son empire s'étendait encore. Les premières semaines avaient apporté leur désagrément et les nombreux départs pour le Pacifique avaient causé quelques remous dont il se serait bien passé mais il avait rapidement fait d'en tirer le profit. Le monde était un terrain de jeu et il s'en amusait avec la tenue d'un joueur de poker et la démesure d'un enfant.
"Suis-moi"
Il le sentit hésiter, l’œil tressaillir de panique mais il s'exécuta. Ils quittèrent les lieux enchanteurs de la luxure pour s'aventurer dans un endroit plus éloigné et plus sombre. Il prit place et s'étala d'un air dramatique sur l'un des fauteuils qu'il était parvenu à trouver. Alan, en revanche, était resté vissé sur ses membres inférieurs, l'air presque apeuré. Pauvre animal. Piètre créature s'il en était. Il avait bien du mal à croire que certains hommes puissent le craindre. Il leur en fallait bien peu. Ça n'était pas si surprenant au fond. La limite n'était pas la même pour chacun et pour certains spécimens, elle semblait pitoyablement basse. Il l'observa, son air presque perdu comme incertain sur la marche à suivre. Le spectacle l'amusa une seconde avant qu'il ne se redresse afin de rendre son propos parfaitement manifeste.
"Je le veux."
"Que ... Quoi ... Monsieur ?"
"Pas quoi, qui et tu sais pertinemment de qui je parle. C'est pour ça que tu es là. Pourquoi crois-tu que je me serais importuné de ta présence autrement ?"
"Je ..."
"Certainement pas pour le plaisir de ta compagnie, cela me semble évident. Pas même pour ton physique en y réfléchissant bien."
L'homme se figea, les perles de sudation s'écoulant effroyablement lentement sur ses traits. Cela n'avait rien à voir avec la température pourtant. Définitivement pas pour son physique, non. Il avait bien du mal à lui trouver quelque chose de plaisant. Ses traits étaient fins mais marqués par le temps, ses cheveux étaient d'une couleur assez indéfinissable sur laquelle il ne préférait pas s'attarder et sa silhouette engoncée dans un costume trois-pièces suggérait une vie d'excès qui n'avait pas rien d'attirante à l’œil.
"Donc. Maintenant que nous avons pu mettre ça au clair, j'aimerais revenir sur l'objet de ma visite. Je Le veux. Et ne t'avise pas de me contrarier, tu l'as déjà bien assez fait. L'unique raison pour laquelle je t'autorise une chance encore, c'est parce que tu peux m'être utile pour cette affaire."
Le sourire n'avait pas quitté ses lèvres une seconde mais le regard comme le ton de sa voix ne trahissaient aucun répit. Il était las d'attendre, tout comme il était las du temps qu'il perdait pour faire rentrer sa pensée dans le crâne du cloporte face à lui. Cloporte qui paraissait être atteint de mutisme. Aussi joignit-il son mouvement au son de sa voix et se releva-t-il pour lui faire face. La différence de taille était infime, pourtant pour l'heure, l'homme apparaissait étrangement moindre.
"Mais je ... Monsieur d'Arundel. C'est impossible. Ce ... ce n'est pas ... il n'est pas à vendre."
"Allons, Alan, tu me déçois. Qui a parlé de vente ? Ai-je parlé de vente ? Non. Je ne crois pas et pourtant je suis doté d'une excellente mémoire. Maintenant, je n'ai cure de la manière dont tu t'y prendras mais fais en sorte que j'obtienne ce que je veux ou notre prochaine rencontre risque d'être singulière déplaisante."
"Je ... je vais voir ce que je peux faire."
"Voilà qui est mieux. Tu voies quand tu veux, Alan, tu n'es pas totalement inepte. Maintenant, sors de ma vue, tu as bien trop abusé de ma divine patience."
L'homme ne fit pas prier et après avoir risqué un dernier regard vers lui, partit aussi vite que ses membres tremblants le lui permirent.
Il soupira, s’avachissant à nouveau sur le fauteuil. Pourquoi tout devait-il toujours être aussi éreintant ? La cité des Anges avait ses charmes mais il regrettait déjà San Francisco. Il savait le nid entre d'excellentes mains mais cela lui manquait tout de même. Il repensait à l'avant. A l'humanité qui avait été la sienne, aux ans qui avaient passé depuis. Tout n'était pas simple mais la nuit était sienne. Il n'était pas seul sur la baie mais elle lui appartenait. Un sourire naquit à nouveau sur ses lèvres. Oui. Ce jour-là viendrait.
Le monde leur appartiendrait.

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